des syndicats pénitentiaires bloquent la prison d’Arles


Les syndicats protestent ce jeudi contre la mise en cause d’un surveillant dans la mort de l’indépendantiste corse, par un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ).

Une centaine de surveillants rassemblés à l’appel de trois syndicats pénitentiaires bloquent la maison centrale d’Arles depuis 6h ce jeudi 4 août, pour une durée indéterminée, afin de protester contre la mise en cause d’un surveillant par un rapport de l’Inspection générale de la justice sur l’assassinat d’Yvan Colonna, violemment agressé par un autre détenu. Dans la foulée de ce rapport, remis jeudi 27 juillet, la première ministre Élisabeth Borne avait annoncé que l’ex-directrice de prison, Corinne Puglierini, et un surveillant allaient faire l’objet de « procédures disciplinaires».

Selon ce rapport, le surveillant chargé de l’aile où se trouvait l’indépendantiste corse – qui purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Érignac -, a fait preuve d’un «net défaut de vigilance» en restant «sans aucun motif éloigné» du lieu des faits, qui ont duré neuf minutes.

«Ce surveillant est un bouc-émissaire»

«Mobilisation ce jeudi 4 août devant la prison d’Arles en soutien à notre collègue visé par une procédure disciplinaire concernant l’agression d’Yvan Colonna le 2 mars dernier. Il n’est pas question qu’un personnel pénitentiaire serve de fusible ou de coupable !», a tweeté le syndicat Force Ouvrière FO Justice.

Les surveillants, certains en uniforme, brûlent des palettes et des pneus devant l’entrée de la maison centrale, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des banderoles avec les noms des syndicats à l’origine de la protestation – Ufap Unsa Justice, CGT, FO -, sont accrochées à l’entrée de la prison.

Cette mobilisation était annoncée. Mardi 2 août, le syndicat Ufap Unsa Justice avait appelé au blocage de la prison. «Ce surveillant est un bouc émissaire. Il est accusé de tout alors qu’il n’a fait que son travail au mieux de ses capacités et en respectant les consignes qui lui ont été données. Pour nous, les fautes qui ont été commises viennent de l’administration pénitentiaire dans sa globalité, du ministère de la justice», dénonçait mardi à l’AFP Thomas Forner, délégué Ufap d’Arles.

«Ces personnes qui rédigent les rapports derrière un bureau, j’aimerais qu’elles viennent travailler, non pas un jour mais plusieurs semaines, dans la peau d’un surveillant pour voir ce qu’ils endurent au travail», indique de son côté à France Info , Jessy Zagari, délégué régional Force ouvrière pour la Corse et la région Paca. «Depuis des années, la pénitentiaire est dans de telles conditions que le fusible, c’est l’agent qui effectue son travail avec le matériel et les moyens qui lui ont été fournis par l’administration», poursuit-il.

Le 2 mars, Yvan Colonna avait été mortellement agressé dans la salle de sport de la maison centrale par Franck Elong Abé, un djihadiste camerounais de 36 ans qui purgeait plusieurs peines dont une de neuf ans pour «association de malfaiteurs terroriste». L’indépendantiste corse, coauteur de l’assassinat du préfet Érignac en février 1998, était décédé des suites de ses blessures par étouffement et strangulation après trois semaines de coma. Devant les enquêteurs, son agresseur avait justifié son acte en affirmant qu’Yvan Colonna aurait blasphémé et «mal parlé du prophète ».



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