de petites batteries biodégradables, conçues avec seulement quelques gouttes d’eau



Cela peut paraître gadget mais ça fait l’objet d’une publication dans la très sérieuse revue Scientific Reports. C’est vrai que ça parait très simple car  tout est naturel. Avec une feuille (c’est de la cellulose pure de végétal, la molécule la plus abondante sur la planète), imprégnée de sel pour que ce soit conducteur, et à chaque extrémité : un fil, collé par un point de cire d’abeille. Si vous vous souvenez de vos cours de physique : il faut une cathode et une anode. Côté cathode : l’encre contient des flocons de graphite (en gros des mines de crayon) et sur l’autre face, pour l’anode, c’est du zinc (là aussi à l’état naturel).

Une troisième encre avec graphite et noir de carbone permet de relier la cathode et l’anode aux deux fils du dispositif. Tout cela se déclenche avec trois ou quatre gouttes d’eau, pas plus. Cela dissout le sel, libère des ions chargés, le zinc s’oxyde dans l’anode, et les électrons sont libérés. On arrive à produire 150 microWatt/cm2 à 0,5 milliampère pour une tension de 0,2 volt. C’est très faible, mais c’est déjà beaucoup.

Cela permet d’alimenter plein de petits appareils. Dans le secteur de la santé : des dispositifs d’autodiagnostic pour les diabétiques, des emballages de vaccins dont on veut surveiller la température – aujourd’hui ce sont des boîtiers à pile qu’il faut renvoyer, là, vous le mettez au compost.
Les agriculteurs aussi : beaucoup veulent mettre des capteurs dans leur sol (pour surveiller la température ou l’humidité par exemple). Là encore, rien n’est toxique pour la terre. On peut aussi contrôler la chaîne du froid lors de certains transports ou même brancher un petit réveil…
Le principe c’est que quand la feuille sèche, on peut la réactiver quatre ou cinq fois un quart d’heure avant que la batterie ne s’éteigne définitivement.

Évidemment, le rêve ultime serait de développer cette technologie pour des smartphones, des ordinateurs ou même des voitures. Cela fait dix ans que Gustav Nyström et son équipe de Dübendorf travaillent à la façon de stocker de l’électricité avec des matériaux biodégradables. Ailleurs dans le monde, d’autres laboratoires cherchent comment améliorer le recyclage lui-même.

Ici, l’idée c’est de s’en passer. Sans doute pas sur des voitures, mais sur les petites batteries en tout cas. Se passer de lithium, de cobalt, ou d’aluminium. Et ne plus voir tout ça atterrir dans l’environnement au bout d’un ou deux ans. Chaque année en France, hors industrie ou le marché automobile, 1,3 milliard de piles et d’accumulateurs sont mis sur le marché. Cela représente 30 000 tonnes de matériaux.





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