dans les Carpates, les enfants ukrainiens « ne pensent plus à la guerre » le temps d’une colonie de vacances



Les montagnes s’étendent à perte de vue, telles des bras immenses et protecteurs. Dans les Carpates, dans l’ouest de l’Ukraine, à l’ombre des sapins, les enfants décompressent. Des organismes de colonies de vacances les accueillent pour 15 jours ou plus. Pour la colonie Le temps indigo, dans le petit village de Slavske, le mot d’ordre est simple: « Les enfants ont droit à leur enfance, même en temps de guerre« .

Les jeunes pensionnaires sont hantés par la guerre, les bombardements, les sirènes, les journées passées dans les sous-sols. Ils viennent de Kharkiv, Zaporijia ou encore de Kiev. Mike a 11 ans et a « oublié la guerre » le temps de cette colo.  « J’aime bien ici, il y a une belle nature, du bon air, raconte-t-il. Dans cette colonie, je ne pense plus à la guerre. Et pour moi, c’est mieux comme ça. Je ne veux plus me souvenir d’elle. »  À côté de lui, Tonia, elle se « repose ici de [ses] problèmes, de la guerre… et…de l’école« , glisse la petite fille de neuf ans. Dans sa tête, les bruits des sirènes de son quartier à Kiev résonnent encore.

« À Kiev, je suis comme un oiseau enfermé dans une cage, et ici, la cage est ouverte »

Tonia, une enfant de Kiev

franceinfo

Ksenia Youschenko dirige cette année ces colonies de vacances pas tout à fait comme les autres. Au départ, il ne devait pas avoir de colo cet été, « mais les parents nous l’ont demandé », explique-t-elle. « Ils avaient peur, ici, il y a beaucoup d’enfants de Kiev, qui ont passé beaucoup de temps dans les sous-sols« . Tous ont en commun d’avoir vécu « des histoires très tristes », souligne la directrice. « Un garçon a raconté, poursuit-elle, que sa grand-mère le cachait avec sa sœur dans une botte de paille parce que les soldats russes sont arrivés. Un autre enfant a perdu son père.« 

Dania, 14 ans, est le jeune garçon caché dans la paille. Il a vécu « sous l’occupation pendant un mois », dit-il. « Les chars russes sont arrivés, enfin des engins. Je voudrais bien l’oublier parce que j’ai eu un peu peur« . À Slavske, les enfants jouent, randonnent, dansent. Quand l’orage gronde. Il faut veiller de près sur ceux qui ont vécu des bombardements. Certains parents, sont tellement rassurés de savoir leurs petits loin du danger, qu’ils ont demandé aux animateurs de les garder tout l’été. 

Guerre en Ukraine : Des enfants ukrainiens en colo dans les Carpates – le reportage de Julie Piétri

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