Dupond-Moretti charge «l’extrême gauche» et «l’extrême droite», colère de la Nupes et du RN


Sous l’impulsion des Insoumis, la quasi-totalité des élus de gauche ont quitté l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour protester contre le Garde des Sceaux.

La dernière, et pas la moindre. Lors de l’ultime séance de «questions au gouvernement» avant la pause estivale, le député Meyer Habib a dénoncé ce mardi la résolution récemment déposée par plusieurs députés de la Nupes pour reconnaître «l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid». «L’antisémitisme est toujours présent en France, notamment à la gauche de cet hémicycle avec les islamogauchistes», a tonné l’élu UDI de la huitième circonscription des Français de l’étranger, qui comprend notamment l’État hébreu. «Au moins, les députés Nupes sont clairs dans la haine des juifs et d’Israël», a cinglé le parlementaire, accusant ses adversaires d’avoir «troqué le bleu ouvrier contre le vert islamiste ; la faucille et le marteau contre la charia».

Prenant ensuite la parole sous la bronca des bancs de la gauche, le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a lui aussi voulu épingler l’attitude de «l’extrême gauche». Citant tour à tour la réception de Jeremy Corbyn – suspendu du parti travailliste anglais pour antisémitisme mais venu soutenir les Insoumises Danièle Obono et Danielle Simonnet pendant la campagne des législatives à Paris -, et les réactions de la Nupes au discours d’Emmanuel Macron commémorant la rafle du Vél d’Hiv à Pithiviers, le Garde des Sceaux a considéré que ces dérapages leur «collent à la peau».

Enfin, alors que l’ancien ténor du barreau pivotait de 180 degrés pour s’en prendre cette fois à «l’extrême droite, que l’on ne peut pas oublier», les députés de la Nupes ont préféré quitter l’hémicycle, sous l’impulsion des Insoumis. «Exempter le RN de tout antisémitisme quand on connaît son histoire pour en accuser LFI ?! Mais quand le gouvernement a-t-il perdu le sens de la République ?», a alors cru bon d’interroger sur Twitter l’écologiste Sandrine Rousseau, manifestement sans écouter la suite de la charge d’Éric Dupond-Moretti, dirigée contre la famille Le Pen et ses accointances passées. Et pour cause, seuls quelques élus de gauche étaient alors restés à leurs sièges, parmi lesquels notamment Valérie Rabault, ex-patronne du groupe PS sous la précédente législature et actuelle vice-présidente de l’Assemblée.

Borne doute des Insoumis, pas du PS, du PCF et d’EELV

L’ensemble des élus de la Nupes ont toutefois regagné les bancs de l’hémicycle quelques minutes plus tard. Boris Vallaud, le patron des députés socialistes, en a alors profité pour interpeller la première ministre. «Ce combat contre l’antisémitisme doit être celui de tous les républicains authentiques, de tous les démocrates. Je voudrais vous dire que vous aurez toujours à vos côtés celles et ceux qui ont en détestation la haine et l’antisémitisme. Ils sont, je l’espère sur tous ces rangs, et en particulier à gauche. Trouvez des alliés, n’inventez pas des adversaires !», a-t-il exigé.

Ce à quoi Élisabeth Borne a tenu à répondre elle-même. «Merci M. le président pour votre clarification ou votre explication. Je pense que personne au sein de mon gouvernement n’a mis en doute la position du groupe socialiste, du groupe communiste ou du groupe EELV sur ce sujet», a-t-elle répliqué, prenant soin de ne pas citer les Insoumis. «Nous savons que vous êtes des républicains et que vous défendez comme nous la lutte contre l’antisémitisme, et ce n’est pas le cas de tout le monde sur ces bancs», a-t-elle insisté. Sous les huées des troupes mélenchonistes.


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