ce que l’on sait de la mort d’Ayman al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaïda tué par une frappe aérienne américaine en Afghanistan


« Justice a été rendue. » Le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a été tué dans la nuit de samedi à dimanche en Afghanistan par une frappe de drone américaine, a annoncé le président américain Joe Biden lundi 1er août lors d’une allocution télévisée. « Samedi, sur mes ordres, les Etats-Unis ont mené à bien une frappe aérienne sur Kaboul, en Aghanistan, qui a tué l’émir d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri », a-t-il déclaré. 

L’annonce de sa mort intervient près d’un an après le retrait chaotique d’Afghanistan des troupes américaines, qui avait permis aux talibans de reprendre le contrôle du pays, vingt ans après. En août 2020, le groupe Al-Qaïda avait déjà perdu son numéro 2, Abdullah Ahmed Abdullah, tué dans les rues de Téhéran (Iran) par des agents israéliens lors d’une mission secrète commanditée par Washington, information révélée à l’époque par le New York Times (en anglais). Franceinfo vous résume ce que l’on sait de la mort d’Ayman al-Zawahiri.

Il a été abattu sur son balcon par un drone américain

L’ancien numéro 1 d’Al-Qaïda, âgé de 71 ans, a été frappé, dimanche 31 juillet très tôt, par un drone américain, alors qu’il se trouvait sur le balcon de sa maison, à Kaboul, en Afghanistan. Autour de la maison, où il vivait avec sa femme, sa fille et ses petits-enfants, les traces d’une frappe sont minimes et aucune explosion ne semble s’être produite. 

L’attaque au drone a été menée à l’aide de deux missiles Hellfire et sans aucune présence militaire américaine au sol, a précisé un responsable américain cité par l’AFP. Ayman al-Zawahiri avait été repéré « à de multiples reprises et pour de longues durées sur le balcon où il a finalement été touché » par la frappe dans la capitale afghane, a-t-il ajouté. 

L’opération n’a fait « aucune victime civile », a précisé Joe Biden lors de son allocution. « Peu importe le temps que cela prendra, peu importe où vous vous cachez, si vous constituez une menace contre notre population, les Etats-Unis vous trouveront et vous élimineront », a martelé le président américain. 

C’était l’un des deux cerveaux des attentats du 11-Septembre

Né en 1951 au sein d’une famille bourgeoise, près du Caire (Egypte), Ayman al-Zawahiri, aisément reconnaissable à sa bosse sur le front et à ses larges lunettes, était entré dès l’âge de 15 ans chez les Frères musulmans. Impliqué dans l’assassinat, en 1981, du président égyptien Anouar el-Sadate, il avait été emprisonné pendant trois ans avant de rejoindre l’Arabie saoudite et le Pakistan au milieu des années 1980, où il avait soigné les jihadistes combattant les Soviétiques et rencontré l’ancien leader terroriste Oussama Ben Laden.

Ce n’est qu’à la fin des années 1990 qu’il avait rejoint Al-Qaïda, en devenant le bras droit d’Oussama Ben Laden, avant de lui succéder à la tête de l’organisation terroriste en 2011, quand ce dernier a été tué par un commando américain au Pakistan.

Sur cette photo non datée, Ayman al-Zawahiri (à gauche), ancien numéro 1 d'Al-Qaïda, est assis à côté d'Oussama Ben Laden, en Afghanistan.  (AP/SIPA / AP)

Ayman al-Zawahiri est considéré comme l’un des cerveaux des attentats du 11 septembre 2001 dans les tours jumelles du World Trade Center, à New York, et au siège du Pentagone près de Washington, qui avaient fait près de 3 000 morts aux Etats-Unis. Sa mort permettra aux familles de victimes « de tourner la page », a déclaré le président démocrate lors de son allocution.

Héritant d’une organisation affaiblie après la mort d’Oussama Ben Laden en 2011, Ayman al-Zawahiri a dû multiplier les franchises d’Al-Qaïda, de la péninsule arabique au Maghreb, de la Somalie à l’Afghanistan, en Syrie et en Irak. « Le plus grand succès de Zawahiri est d’avoir maintenu Al-Qaïda vivante », analyse Barak Mendelsohn, professeur à l’université Haverford de Pensylvannie, cité par l’AFP.

Il a été localisé avec sa famille à Kaboul il y a quelques mois

Introuvable depuis plus de dix ans, Ayman al-Zawahiri était l’un des terroristes les plus recherchés au monde et les Etats-Unis promettaient 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant de le débusquer. Ce n’est qu’il y a quelques mois que les renseignements américains ont pris connaissance de sa localisation, détaille un responsable américain cité par AP (en anglais). Le chef d’Al-Qaïda était retranché dans une maison servant de cache dans la capitale afghane, avec sa femme, sa fille et ses petits-enfants. 

Une mission de renseignement s’est alors organisée au plus haut de l’administration américaine pendant des mois pour déterminer son mode de vie, étudier la structure de la maison et les risques d’une opération pour les civils. Pendant cette préparation, en mai et juin, seuls une poignée de responsables américains ont été tenus dans la confidence.

Le 1er juillet, un projet d’opération a été présenté à Joe Biden dans la « Situation Room », pièce ultra-sécurisée de la Maison Blanche où, selon une photo devenue célèbre, Barack Obama suivait en direct l’assaut contre Ben Laden en 2011 avec, à ses côtés, Joe Biden, alors vice-président. Une maquette de la maison a notamment été présentée au président. C’est finalement le 25 juillet, alors que Joe Biden, positif au Covid-19, était soumis à l’isolement, qu’il a « autoris[é] une frappe aérienne précise et sur mesure » sur le chef terroriste, rapporte un haut responsable américain cité par l’AFP. 

Les Etats-Unis dénoncent une violation des accords avec les talibans

La présence d’Ayman al-Zawahiri à Kaboul constitue par ailleurs une « violation claire » des accords conclus à Doha en 2020 avec les talibans, qui s’étaient engagés à ne pas accueillir Al-Qaïda sur leur sol, a noté le haut responsable américain cité par l’AFP. Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a ajouté lundi soir (en anglais) qu’en « hébergeant et en abritant » le leader terroriste, les talibans ont « grossièrement violé l’accord de Doha » qui prévoyait le départ des troupes américaines d’Afghanistan.

Dans leur communiqué, les islamistes afghans ont également accusé les Etats-Unis d’avoir dérogé à ces accords, en conduisant une frappe sur leur territoire. Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahif, a déclaré sur Twitter que « L’Emirat islamique d’Afghanistan condamn[ait] fermement cette attaque », qualifiant cette frappe de « violation flagrante des principes de l’accord international de Doha ».





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