dans la Sarthe, une équipe paramédicale d’urgence intervient en complément du Smur et du Samu


Au fond d’un couloir des urgences de l’hôpital de Château-du-Loir se trouve le local de l’équipe paramédicalisée de médecine d’urgence (EPMU). Ce jour-là, c’est Nathalie Pichon, aide-soignante ambulancière, qui nous accueille. Son rôle : emmener l’infirmier sur les lieux et travailler avec lui.

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Nathalie fait équipe avec Cyril Barbeyrol, infirmier. Comme eux, il y a un duo sur le pont chaque jour, un autre la nuit. En tout, ils sont une quinzaine à intervenir dans leur zone. « On est sur un rayon de 25 minutes sur le sud est du département de la Sarthe », explique Cyril. Un rayon resserré pour intervenir vite, là ou les équipes médicales du Smur (structure mobile d’urgence et de réanimation) basées au Mans mettent du temps à arriver. « S’il faut intervenir sur un arrêt cardiaque rapidement, proche de Château-du-Loir, les équipes du Mans ont en moyenne 40 minutes de route, explique l’infirmier. Si nous intervenons dans le quart d’heure, on a quand même une latence de 25 minutes. Pendant ces 25 minutes, on a la possibilité d’engager des thérapeutiques. C’est forcément des chances de survie qui sont bien plus importantes. »

Nathalie Pichon, aide-soignante ambulancière, aux côtés de son binôme Cyril Barbeyrol, infirmier, dans leur local à l'hôpital Château-du-Loir (Sarthe).
 (BENJAMIN RECOUVREUR / RADIO FRANCE)

Ce dispositif, en expérimentation, fait partie des recommandations de la « mission flash » sur les urgences du ministre de la Santé François Braun, mission qu’il a rendue avant d’entrer au gouvernement. Dans la Sarthe, près de 40% de la population habite à plus de 30 minutes d’un service d’urgence.

À la sortie des urgences, le binôme retrouve son véhicule d’intervention. À l’intérieur, deux sacs : « On a un multiparamétrique qui va nous permettre de prendre les constantes pour les patients, de faire des tracés électrocardiogramme retransmis directement sur le poste du médecin régulateur. » Ce dernier voit alors en direct ce que les infirmiers font, « ce qui va lui permettre de pouvoir nous donner des directives supplémentaires. »

Nathalie Pichon, aide-soignante ambulancière, aux côtés de son binôme Cyril Barbeyrol, infirmier, devant le véhicule d'intervention. (BENJAMIN RECOUVREUR / RADIO FRANCE)

Cette équipe ne remplace pas les médecins, elle est là pour intervenir dans des cas d’urgence vitale définis précisément en soutien du Smur.

« Ils sont sous la dépendance du médecin régulateur du Samu pour agir avec un maximum de sens, de logique et d’efficacité pour le patient. »

Corinne Cordier, cadre de santé à l’hôpital Château-du-Loir

à franceinfo

Sur un an, l’équipe est intervenue un peu plus d’une fois par jour en moyenne. Deux autres dispositifs identiques ont été mis sur pied dans le département. « Après un an, les équipes de PMI sont souvent réclamées par les pompiers sur place pour faire de l’analgésie, se félicite Florence de Simon de Bièvre, cheffe du Samu de la Sarthe. On voit très bien que cela s’inscrit aujourd’hui dans une logique de territoire, que c’est essentiel et qu’il n’est pas question de faire marche arrière. D’autant que les urgences sont de plus en plus souvent fermées et qu’il faut avoir une réponse de proximité de qualité. »

Dans la Sarthe, le dispositif existe aussi à Saint-Calais, et bientôt au Bailleul. D’autres départements, comme la Vendée ou l’Indre-et-Loire, s’y intéressent de près. En moyenne, 30 à 40% de la population habite au-delà du délai d’intervention d’un Smur, qui est de 30 minutes.

Une équipe paramédicale d’urgence intervient pour faire face aux déserts médicaux – Reportage de Benjamin Recouvreur

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