Le secrétaire général de l’ ONU «outré» par les tirs de Casques bleus en RDC


Deux personnes ont été tuées par des Casques bleus à un poste-frontière dans l’est du pays, à la frontière avec l’Ouganda.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit «outré» de la mort dimanche de deux personnes lorsque des Casques bleus ont ouvert le feu sur un poste frontalier avec l’Ouganda, dans l’est troublé de la République démocratique du Congo.

Antonio Guterres «souligne avec la plus grande fermeté la nécessité d’établir la responsabilité de ces événements» et approuve «la mise en détention du personnel militaire mis en cause dans cet incident et l’ouverture immédiate d’une enquête», a précisé dans un communiqué un porte-parole adjoint du secrétaire général, Farhan Haq.

Deux morts et 14 blessés

Dans une vidéo de l’incident partagée sur les réseaux sociaux, on voit des hommes dont au moins un en tenue de policier et un autre de militaire congolais, s’avancer vers le convoi immobilisé de l’autre côté de la barrière fermée à Kasindi, dans le territoire de Beni, à la frontière avec l’Ouganda.

Après un échange verbal, on voit les présumés Casques bleus tirer des coups de feu, avant d’ouvrir la barrière et de franchir le poste. «Des militaires de la Brigade d’Intervention de la force Monusco de retour de congés ont ouvert le feu au poste frontalier pour des raisons inexpliquées et forcé le passage. Cet incident grave a causé des pertes en vies humaines et des blessés graves», a déploré la mission onusienne dans un communiqué.

«Le bilan est de deux morts», a déclaré à l’AFP Joël Kitausa, un responsable de la société civile de Kasindi, qui a fait état de 14 blessés. Plus tôt, Barthélemy Kambale Siva, délégué du gouverneur du Nord-Kivu à Kasindi, avait donné un bilan de huit blessés graves dont deux policiers du poste frontalier.

La cheffe de la Monusco, Bintou Keita, s’est dite «profondément choquée et consternée par ce grave incident», selon le communiqué de la mission. «Face à ce comportement inqualifiable et irresponsable, les auteurs de la fusillade ont été identifiés et mis aux arrêts en attendant les conclusions de l’enquête qui a d’ores et déjà commencé en collaboration avec les autorités congolaises», a déclaré la Monusco.

Conjointement avec la Monusco, les autorités ont «initié une enquête pour établir les responsabilités, connaître les motivations d’un tel forfait et obtenir des sanctions sévères à l’encontre des Casques bleus à la base de ce drame», a-t-il confirmé.

«Laisser la place»

Kinshasa, qui a appelé la population congolaise «au calme», prévient que «les Casques bleus concernés ne pourront plus faire partie des contingents de la Monusco, en attendant l’aboutissement du plan de retrait de cette force onusienne de la RDC».

La semaine dernière, des manifestations meurtrières accompagnées de destructions et pillages ont eu lieu dans plusieurs villes de l’est de la RDC pour réclamer le départ des Nations unies. A Goma, Butembo, Beni et d’autres localités, des manifestants ont pris d’assaut les installations de la Monusco. Dix-neuf personnes, dont trois Casques bleus, ont été tuées dans ces manifestations violentes.

Les manifestants accusaient les Casques bleus d’inefficacité dans la lutte contre la centaine des groupes armés responsables du chaos dans lequel sont plongées les provinces de l’est du pays depuis près de 30 ans.

Une des plus importantes et des plus coûteuses missions de l’ONU au monde, la Monusco est présente en RDC depuis 1999. Elle compte actuellement plus 14.000 soldats de la paix, avec un budget annuel d’un milliard de dollars.



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