Des tensions éclatent au nord du Kosovo, la mission de l’Otan se dit «prête à intervenir» en cas d’instabilité


Des tensions ont éclaté ces dernières heures à la frontière nord entre le Kosovo et la Serbie. Des routes auraient été bloquées et des coups de feu tirés.

La mission de l’Otan au Kosovo (KFOR) s’est dite, dans un communiqué publié dimanche, «prête à intervenir si la stabilité est menacée» dans le nord du Kosovo, où des tensions ont été constatées ces dernières heures. «Notre mission est entièrement axée sur la mise en œuvre quotidienne de son mandat de l’ONU pour assurer un environnement sûr et sécurisé et la liberté de circulation pour tous les habitants du Kosovo», a-t-on ajouté dans ce document, faisant étant d’une «situation sécuritaire générale tendue» dans les municipalités du nord du pays.

Selon Reuters, des Serbes auraient bloqué des routes et tiré des coups de feu sur la police pour protester contre une mesure du gouvernement visant à remplacer les plaques d’immatriculation de véhicules serbes par des plaques kosovares dans un délai de deux mois. Les manifestants serbes auraient garé des camions remplis de gravier et d’autres engins lourds sur les routes menant à deux points de passage frontaliers, Jarinje et Bernjak, dans une zone où les Serbes sont majoritaires. Face à ces tensions, la police du Kosovo a déclaré dimanche avoir fermé deux points de passages frontaliers du Nord. «Nous appelons tous les citoyens à utiliser d’autres passages frontaliers», a déclaré la police sur sa page Facebook. Selon la police, des coups de feu ont été tirés «en direction des unités de police mais heureusement personne n’a été blessé». Des sirènes de raid aérien ont retenti pendant plus de trois heures dans la petite ville de North Mitrovica, habitée principalement par des Serbes.

Des tensions similaires en 2021

Quatorze ans après que le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie, quelque 50.000 Serbes vivant dans le Nord utilisent des plaques d’immatriculation et des documents délivrés par les autorités serbes, qui refusent de reconnaître les institutions sous la capitale, Pristina. Le Kosovo a été reconnu comme un État indépendant par plus de 100 pays, mais pas par la Serbie ou la Russie. «L’Otan continue de soutenir pleinement le processus de normalisation entre Pristina et Belgrade par le biais du dialogue facilité par l’UE et appelle tous les parties à poursuivre des négociations», a précisé la mission KFOR dans son communiqué.

Le gouvernement du premier ministre kosovar, Albin Kurti, a déclaré qu’il accorderait aux Serbes une période de transition de 60 jours à compter du 1er août pour obtenir les plaques d’immatriculation du Kosovo, un an après avoir renoncé à les imposer en raison de manifestations similaires. Le gouvernement a également décidé qu’à partir du 1er août, tous les citoyens de Serbie visitant le Kosovo devraient obtenir un document supplémentaire à la frontière pour leur accorder l’autorisation d’entrer. Une règle similaire est appliquée par les autorités de Belgrade aux Kosovars qui visitent la Serbie.

Il y a un an, après que les Serbes locaux ont bloqué les mêmes routes à cause des plaques d’immatriculation, le gouvernement du Kosovo a déployé des forces de police spéciales et Belgrade a fait voler des avions de combat près de la frontière.
Les tensions entre les deux pays sont désormais à leur plus haut niveau depuis des années et la paix fragile du Kosovo est maintenue par une mission de l’Otan qui compte 3770 soldats sur le terrain. Des casques bleus italiens étaient d’ailleurs visibles dimanche à Mitrovica et dans ses environs. Les deux pays se sont engagés en 2013 dans un dialogue parrainé par l’Union européenne pour tenter de résoudre les problèmes en suspens, mais peu de progrès ont été réalisés.



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