pourquoi cet examen est essentiel


Ce n’est certes pas une partie de plaisir. Mais cette exploration sauve des vies.

«Il n’y a rien de pire pour un gastro-entérologue que d’annoncer à un sexagénaire en pleine forme un cancer du côlon à un stade avancé. C’est le second cancer le plus mortel. Une prise en charge précoce sauve 9 fois sur 10, mais seuls 30% des Français se font ­dépister!» Quand il évoque le sujet, le Dr Jérémie Jacques, responsable de l’unité d’endoscopie du CHU de Limoges, ne décolère pas. Certes, l’endoscopie digestive n’est pas une partie de plaisir. Mais elle a permis de diminuer l’incidence du cancer colorectal et sa mortalité. Et elle pourrait faire beaucoup mieux si la participation au dépistage augmentait de manière significative.

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En pratique, on parle de gastroscopie pour les parties hautes du tube digestif et de coloscopie pour le côlon. Pour les médecins, cette endoscopie digestive se décline en endoscopie diagnostique ou bien interventionnelle. La première, qui est de loin la plus ­ancienne, peut être motivée par des signes cliniques ou par un dépistage en raison de facteurs de risque (âge, antécédents personnels ou familiaux). En complément de l’examen physique qui consiste à introduire dans le rectum ce long tube flexible qu’est l’endoscope, on dispose depuis une dizaine d’années de vidéocapsules, c’est-à-dire de dispositifs de la taille d’un comprimé qui, une fois avalés, peuvent prendre des images du tube digestif et les transmettre à un système d’enregistrement externe porté en bandoulière: pour l’heure réservés à l’exploration de l’intestin grêle, ils sont en cours d’évaluation pour l’examen de l’œsophage et du côlon.

Anesthésie courte et légère

La seconde option, dite interventionnelle, se développe depuis trente ans. Grâce à toute une série d’instruments associés à l’endoscope, le gastro-entérologue peut couper des polypes, détruire des ­tumeurs, réparer des perforations chirurgicales, etc. Son champ d’intervention ne cesse de s’étendre: on peut aujourd’hui entrer dans la paroi intestinale ou la traverser pour aller aspirer des zones nécrosées, mais aussi intervenir sur le pancréas et les voies ­biliaires, retirer des calculs, etc. Et bon nombre de petites interventions se pratiquent en ambulatoire, sous anesthésie courte et légère. Si le patient peut le supporter, il est même possible de se passer de sédation pour des examens rapides qui ne durent que quelques minutes – dans le rectum et la partie basse du côlon, par exemple.

La France a en la matière un niveau d’expertise reconnu dans le monde entier

Dr Jérémie Jacques, responsable de l’unité d’endoscopie du CHU de Limoges

Dans tous les cas, un minimum de préparation est néanmoins nécessaire. Qu’il s’agisse d’examiner et/ou d’intervenir sur l’œsophage ou le côlon, le ­patient doit être à jeun de manière stricte (sans boire, ni manger, ni fumer) depuis au moins six heures. Et avant de se soumettre à une coloscopie, il faut impérativement débarrasser les intestins de leur contenu, vidange qui s’effectue par l’absorption préalable d’une purge de 2 à 4 litres suivant le produit. Enfin, des antécédents médicaux ou chirurgicaux ou la prise de certains médicaments peuvent justifier une hospitalisation pour éviter et surveiller la survenue d’exceptionnelles complications (perforation des parois du tube digestif, ­hémorragie…).

Mais le Dr Jacques tient à le souligner: «La France a en la matière un niveau d’expertise reconnu dans le monde entier, et aujourd’hui, dans notre pays, plus personne ne devrait être opéré autrement que par endoscopie pour des polypes ­bénins du tube digestif, quelle que soit leur taille.»



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