La dette publique française est remontée à 114,5% du PIB au premier trimestre 2022


L’endettement public de la France s’est aggravé de 88,8 milliards d’euros au premier trimestre et a franchi la barre des 2900 milliards d’euros, selon l’Insee.

La dette publique française a franchi pour la première fois le cap des 2900 milliards d’euros. Au premier trimestre, selon l’Insee, la dette de l’ensemble des administrations publiques atteignait 2091,8 milliards d’euros, en forte hausse sur trois mois de 88,8 milliards d’euros. Elle représente donc désormais 114,5% du PIB tricolore, un niveau lui aussi en augmentation par rapport à la fin d’année dernière, où elle s’affichait à 112,5% du PIB. Ce niveau a toutefois déjà été supérieur, l’année dernière.

L’augmentation constatée sur le trimestre est principalement due à la dette de l’État et «des administrations de sécurité sociale», précisent les statisticiens nationaux. À l’inverse, la dette des administrations locales stagne et celle des organismes divers d’administrations centrales baisse légèrement, une conséquence, notamment, du désendettement de SNCF Réseau. À l’échelle locale, les communes et départements remboursent également leurs dettes, alors que les régions «augmentent leur dette».

Sur le plus long terme, la hausse, depuis le début de la crise sanitaire, est massive, atteignant 526 milliards d’euros entre fin 2019 et début 2022 pour l’ensemble des administrations publiques. La dynamique constatée sur la fin 2019, avec un léger recul des obligations de la France, a été brisée par le Covid-19, qui a fait bondir le poids de la dette de 97,4% à 117,4% du PIB, début 2021. Le niveau actuel est certes inférieur mais il reste bien au-dessus de l’avant-crise.

L’Hexagone se rapproche donc du palier jamais atteint jusqu’ici des 3000 milliards de dette mais le gouvernement assure qu’il garde le contrôle des finances. Si l’exécutif comptait sur des réformes ambitieuses – dont celle des retraites -, sur le «plein-emploi» et sur la croissance pour remettre les comptes d’équerre, la guerre en Ukraine, l’inflation et, plus récemment, les élections législatives ont complexifié cette équation. Durant la campagne législative, les oppositions ont ainsi accusé Emmanuel Macron de vouloir secrètement augmenter la TVA pour soulager le portefeuille de l’État, une attaque niée vigoureusement par Bercy et qui n’a pas été étayée par des preuves, jusqu’ici.

Reste que la France est loin d’être le seul pays confronté à une explosion de sa dette. En mai, la Commission européenne a pris acte de la conjoncture difficile à laquelle sont confrontés les États, en proposant de prolonger la suspension des règles budgétaires en 2023. L’obligation de garder une dette inférieure à 60% du PIB semble bien loin : fin 2021, selon Eurostat, le niveau moyen des 27 s’établissait ainsi à 88,1%.

Pour l’heure, le FMI prévoyait, en avril, une stabilisation à 112% cette année, puis une légère augmentation entre 113% et 114% jusqu’en 2027. De son côté, la Banque de France table sur une dette publique se stabilisant à 112% du PIB, cette année, avant une légère baisse à 109% jusqu’en 2024. Repasser sous la barre des 100%, d’ici quelques années, sera nécessaire pour redonner une marge de manœuvre à l’Hexagone, en cas de crise, a averti récemment dans nos colonnes le gouverneur de l’institution, François Villeroy de Galhau. Un avertissement d’autant plus important que la hausse des taux d’intérêt, qui augmentent le coût de la dette, a débuté, alors que la France doit réaliser d’importants investissements dans les années à venir, notamment dans le secteur de l’énergie.



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