comment la Grèce et l’Italie s’organisent face à la reprise épidémique



Hausse des cas, nouveaux variants, retour du masque, l’Europe va connaître une nouvelle période estivale en cohabitation avec le coronavirus. En France, les contaminations ont bondi de près de 50 %, avec près de 44.000 cas de nouvelles infections par jour en moyenne. Une reprise portée par de nouveaux sous-variants d’Omicron qui imposent une certaine vigilance.

Direction la Grèce et l’Italie pour faire le point sur leur façon de faire face à cette reprise épidémique.

Le gouvernement affiche une grande sérénité devant la hausse des contaminations et des décès. Une posture renforcée par les reportages des medias progouvernementaux qui parlent bien plus de l’afflux de touristes que de ce qui se passe dans les hôpitaux. Dès la mi-juin, la Grèce a levé toutes les mesures de prévention anti-covid afin de faciliter l’arrivée des touristes. Le gouvernement libéral de Kyriakos Mitsotakis mise sur le tourisme pour faire face à l’inflation qui atteint les 9%, du jamais-vu depuis des décennies.  

Pourtant, la levée des mesures anti-covid (le pass n’est plus obligatoire pour entrer dans le pays, il n’y a plus de masque dans les boîtes de nuit, tavernes, bars, discothèques et autres lieux de réjouissance) est contestée par les médecins alors que les cas de contamination et les morts sont quotidiens. Selon les dernières estimations, 20 à 30 millions de touristes sont attendus et le corps médical redoute une nouvelle flambée des contaminations, comme ce fut le cas l’année dernière ou les mesures sanitaires avaient été levées tout aussi tôt.

D’autant que la levée des mesures sanitaires ne semble pas avoir été compensée par des décisions médicales adaptées. Il y a toujours environ 1.000 lits de réanimation destinés à accueillir la population locale et les touristes. Si ces derniers sont aussi nombreux que prévu, c’est peu. D’autant que les touristes positifs au Covid-19 devront être isolés. Le risque d’un manque de place est élevé surtout dans les îles très prisées des visiteurs. De plus, il ne faut pas oublier que le personnel médical est en sous-effectif chronique et que les embauches n’ont pas suivi.

Malgré tout, le gouvernement ne reste pas inactif. Il multiplie les tests gratuits dans le pays, intensifie la vague de troisième vaccination dans le secteur du tourisme et commence à parler d’une quatrième dose pour les plus âgés. Le port du masque dans le secteur médical et les maisons de retraite est maintenu, mais pas dans les taxis. Enfin, dans les bateaux qui vont sur les îles le port du masque n’est obligatoire qu’à partir d’un certain niveau de remplissage, mais de l’aveu général cette mesure n’est pas respectée. Les détracteurs du gouvernement estiment que lever aussi tôt les mesures sanitaires équivaut à jouer à la roulette russe. Cette levée ne sera réexaminée qu’en septembre prochain.

« N’oubliez pas que le Covid n’a pas disparu et ne part pas en vacances », ne cessent de répéter les autorités sanitaires en Italie. Il faut dire que le nombre de nouveaux cas a bondit de 65% en une semaine et que les hôpitaux enregistrent une cinquantaine de décès liés au virus par jour. 619.000 italiens sont actuellement en quarantaine, soit 50.000 de plus en 48 heures. À ce rythme, ils seront un million à être isolés la semaine prochaine.  

Les contagions augmentent, mais les symptômes sont légers rétorquent les optimistes. Le gouvernement préfère néanmoins relancer un appel au sens des responsabilités. Avec les vacances qui approchent, le nombre de contagions connaitra très certainement une nouvelle forte hausse. Le ministère de la Santé préconise une plus grande attention aux traditionnels gestes barrières. Si l’obligation du port du masque a été levée presque partout celle du port du masque FFP2 reste en vigueur dans les transports publics au moins jusqu’au 30 septembre prochain.

C’est surtout sur la campagne de vaccination que les autorités italiennes remettent l’accent. Elles veulent relancer celle des personnes les plus fragiles, entendre de plus de 80 ans. Pour l’instant, seul 20% d’entre elles ont reçu une quatrième dose. Une nouvelle campagne de vaccination débutera en septembre, mais dès le mois prochain, un plan pour protéger les plus de 50 ans sera mis au point. Une quatrième dose ou une cinquième dose leur sera proposée. Près de 28 millions de personnes dont 93% ont déjà reçu deux doses sont concernées.  

Plus largement, le Ministère de la Santé envisage  d’introduire un rappel annuel du vaccin au moins pour les personnes les plus à risque à l’image de ce qu’il se fait déjà pour la grippe. À défaut de vaincre le Covid-19, il permettrait de vivre avec.





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