Comment éviter la turista


C’est, sans conteste, la maladie la plus fréquente du voyageur. Quelques précautions simples permettent de l’éviter.

Malaises, maux de ventre, nausées, ­vomissements, selles liquides… Qui n’a jamais connu ces désagréments en voyage ? Tout récit de routard comprend son épisode de turista, cette ­gastro-entérite bien connue du voyageur. « Entre 20 et 60 % des voyageurs vont être concernés par une gastro-entérite pendant leur séjour ou à leur retour. Généralement bénigne, elle n’en est pas moins très gênante », explique le Dr Paul-Henri Consigny, responsable du centre ­médical de l’Institut Louis-Pasteur. Le stress du pays ­inconnu, le changement des habitudes alimentaires et la fatigue peuvent entraîner des petits désordres intestinaux qui vont durer deux à trois jours. Mais dans de nombreux pays, la contamination d’origine fécale véhiculée par l’eau, l’alimentation ou les mains sales est la prin­cipale responsable de la diarrhée du voyageur. « Les ­touristes ne se rendent pas toujours compte que l’environnement dans lequel ils se rendent n’est pas aussi sécurisé que celui de la France », ­rappelle Paul-Henri Consigny.

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Pas de salades, ni de fruits ni de glaces

Se laver les mains avant de manger est recommandé. L’eau et le savon font très bien l’affaire et, à défaut, des ­solutions hydroalcooliques peuvent être utiles. Mais ce geste simple ne suffit pas. « Si vous ne modifiez pas vos ­habitudes alimentaires et continuez à manger de la salade, des fruits, vous êtes quasiment certains d’avoir une diarrhée », met en garde le Pr Éric Caumes, président du ­comité des maladies liées au voyage et des maladies d’importation. La règle de base à retenir c’est : cuire, bouillir, peler ou… jeter. Cela ­signifie que les restaurants de rue ne sont pas forcément plus à risque que les buffets d’hôtel, à condition qu’ils vous servent un plat préparé devant vous. Quant à la boisson, il faut accepter uniquement de l’eau en ­bouteille capsulée. « Il y a aussi les pastilles de désinfection, mais les filtres de ­céramique Katadyn sont plus pra­tiques car l’eau est purifiée quasi instantanément. Mais ils sont chers », précise le Dr Benjamin Wyplosz, responsable du centre de vaccinations internationales de l’hôpital ­Bicêtre. Et bien sûr, oublier les glaçons, les glaces, les jus de fruits frais…

Si, malgré toutes ces précautions, la turista survient, la seule solution est… d’attendre qu’elle passe… « et se réhydrater », précise le Pr Éric Caumes. Chez les adultes, boire abondamment suffira. En revanche, les sachets de réhydratation orale sont nécessaires pour les enfants et les personnes âgées. Les antidiarrhéiques, tels que le lopéramide ou le racécadotril, peuvent soulager les signes cliniques si nécessaire. Lorsque la diarrhée est très handicapante, qu’elle s’accompagne de fièvre importante ou de sang dans les selles, il vaut mieux consulter sur place. « Lorsque vous partez pour certaines destinations à risque avec peu de structures médicales sur place, il est possible dans ce cas d’envisager une automédication antibiotique. Mais elle est à préparer avant le départ, et avec votre médecin », conclut Éric Caumes.



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