L’ONU appelle l’Iran à ne pas amputer les doigts de condamnés


L’ONU a exhorté mercredi 22 juin l’Iran à renoncer à l’exécution de peines d’amputation des doigts de huit condamnés et a demandé à Téhéran de supprimer plus généralement toute forme de châtiment corporel.

Sept de ces hommes se trouvent au pénitentiaire central du Grand Téhéran, selon une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU chargé des droits de l’homme, Ravina Shamdasani, à Genève. «Nous sommes profondément préoccupés par l’amputation probablement imminente des doigts de huit hommes condamnés pour cambriolage en Iran et nous exhortons les autorités iraniennes à annuler les amputations prévues», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

«Nous demandons également à l’Iran de réviser de toute urgence ses sanctions pénales afin de supprimer toute forme de châtiment corporel, y compris les amputations, la flagellation et la lapidation, conformément à ses obligations en vertu du droit international relatif aux droits humains», a-t-elle poursuivi.

Proscrit par le Pacte international

Sept des huit hommes ont été identifiés. Il s’agit de Hadi Rostami, Mehdi Sharafian, Mehdi Shahivand, Amir Shirmard, Morteza Jalili, Ebrahim Rafiei et Yaghoub Fazeli Koushki. Selon l’ONU, les huit ont été condamnés à se faire couper quatre doigts de la main droite, et pourraient être transférés à la prison d’Evine à Téhéran où une guillotine aurait été récemment amenée. Cette guillotine aurait déjà été utilisée le 31 mai pour amputer les doigts d’un autre homme.

Selon des organisations iraniennes de la société civile, au moins 237 personnes ont été condamnées à des amputations entre le 1er janvier 2000 et le 24 septembre 2020, ces sentences ont été exécutées dans au moins 129 cas, a indiqué Ravina Shamdasani. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Iran est partie, interdit les actes de torture, ce qui englobe les châtiments inhumains.

100 personnes exécutées depuis janvier

Selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, présenté mardi, l’Iran a exécuté plus de 100 personnes entre le 1er janvier et le 20 mars, poursuivant une inquiétante tendance à la hausse. Le rapport précise que 260 personnes ont été exécutées en 2020, et au moins 310 en 2021, dont au moins 14 femmes.

L’Iran a dénoncé un rapport «biaisé». «Faire des grands principes des droits de l’Homme des petits instruments politiques est épouvantable et honteux», a dit Mehdi Ali Abadi, le représentant permanent adjoint de l’Iran au siège de l’ONU à Genève. Les exécutions en Iran – un des pays qui exécute le plus avec la Chine et l’Arabie saoudite – s’effectuent habituellement par pendaison.



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