Philippe propose «une grande coalition» et un «compromis à la droite», Jacob refuse


L’ancien premier ministre considère que «le résultat du second tour des élections législatives nous place, nous Français, dans une situation qui est inédite».

Il ne s’était pas encore exprimé depuis le séisme politique des législatives. Alors qu’Emmanuel Macron a commencé mardi une série de consultations en recevant tour à tour des chefs des formations politiques qui allaient constituer un groupe dans une Assemblée nationale sans majorité absolue, son ancien premier ministre Édouard Philippe était l’invité de BFMTV. «Le résultat du second tour des élections législatives nous place, nous Français, dans une situation qui est inédite. Sans précédent», analyse l’ancien hôte de Matignon, qui refuse de comparer la situation actuelle avec celle qu’a connue son prédécesseur Michel Rocard, en 1988.

Si l’autre fidèle d’Emmanuel Macron, François Bayrou, a exhorté le président de la République de «se rapprocher autant que possible de l’union nationale» mardi à la sortie de l’Élysée, Édouard Philippe considère que «nous allons devoir constituer une coalition, une grande coalition, avec des gens qui spontanément, n’ont pas envie de travailler ensemble, avec des gens qui se sont engagés sur des programmes différents, avec des gens qui se sont critiqués».

Pour l’ancien chef du gouvernement, «aucune famille politique ne peut gouverner seule. Ni la majorité sans sa configuration actuelle, ni la Nupes, ni le RN, ni les LR. Aucun regroupement ne peut à lui seul obtenir une majorité qui lui donne la possibilité de façon stable». Une situation qui l’amène à marteler que «les électeurs ont dit aux responsables politiques de cette Assemblée qu’ils devaient travailler ensemble».

Fort de ce constat, le maire du Havre (Seine-Maritime) demande aux formations politiques de trouver «un endroit où les choses peuvent être mises en commun.» Le président élu ayant l’habitude d’avoir une majorité absolue favorable à sa politique quelques semaines après sa victoire, il n’avait donc pas besoin de faire des concessions aux oppositions. «L’heure est beaucoup plus à la préparation de la suite, et à la discussion dans une culture politique où le compromis et la coalition sont finalement peu pratiqués et pas classiques», indique Édouard Philippe, qui veut construire «dans l’intérêt du pays, une majorité stable».

L’occasion de lancer un appel du pied à ses anciens camarades des Républicains: «Il est possible d’imaginer (avec eux) une discussion franche, direct, un compromis.» Quelques minutes après, le patron de LR Christian Jacob, qui a été reçu par Emmanuel Macron ce mardi, a rejeté cette main tendue quelques instants après sur la même antenne: «Notre ligne est très claire, nous serons force de propositions, mais jamais dans la compromission. Il a été l’un des artisans qui a veillé, avec le président Macron, à tuer le parti LR. (…) Donc on sera sur notre ligne.»



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