Darmanin et Dupond-Moretti louent «la synergie police-justice» sur les mineurs isolés


Les deux ministres reconduits ont loué leur «action décisive» dans la gestion des mineurs non accompagnés, lors d’un déplacement à Bordeaux, où une cellule spéciale «MNA» existe depuis 2019.

Les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et de la Justice, Eric Dupont-Moretti, ont loué dimanche «la synergie police-justice» et leur «action décisive» dans la gestion des mineurs non accompagnés, lors d’un déplacement à Bordeaux, où une cellule spéciale «MNA» existe depuis 2019.

«On a longtemps pensé que la question des mineurs non accompagnés et de la délinquance qu’ils génèrent parfois était une sorte de fatalité mais la police et la justice main dans la main démontrent le contraire», a indiqué Eric Dupond-Moretti à des journalistes.

«Grâce à deux textes essentiels , le Code de justice des mineurs (septembre 2021) et la loi dite Repsi (Responsabilité pénale et sécurité intérieure, janvier 2022), dont policiers et magistrats se sont emparés ensemble, les résultats sont plus qu’impressionnants: 700 MNA interpellés, dont beaucoup de majeurs désormais identifiés et jugés rapidement, et un recul important de la délinquance avec une baisse des déferrements (de ces personnes) de 58%», a-t-il ajouté.

«Là où auparavant, 200 MNA refusaient la prise d’empreintes (digitales), ce qui empêchait de les identifier et donc de les condamner, on est passé à 50 car nous avons rendu cette prise obligatoire et aujourd’hui la justice condamne fortement ceux qui la refusent», a expliqué Gérald Darmanin.

A l’hôtel de police, une responsable a expliqué aux deux ministres que la «cellule MNA» était composée de policiers aux «profils variés», avec des enquêteurs «pur judiciaire» et des fonctionnaires de la BAC «très physionomistes», mélange qui avait fait ses preuves dans une précédente «cellule Gilets jaunes». Cette unité est principalement chargée d’identifier les MNA et de démanteler les réseaux de criminalité en bande organisée qui les exploitent.

A la permanence du parquet, des magistrats ont ensuite fait part «des progrès» réalisés, notamment grâce à «l’identification forcée». Une responsable du Tribunal pour enfants a évoqué la création d’un «foyer de placement des MNA au pénal», le premier du genre en France. «Nous allons étendre cette bonne pratique bordelaise à d’autres villes», a assuré Gérald Darmanin, venu avec le Directeur général de la police nationale Frédéric Veaux.

Les deux ministres, reconduits dans le gouvernement d’Élisabeth Borne, se sont dit «heureux de continuer ensemble». «C’est notre premier déplacement en commun et sans doute pas le dernier», a lancé Gérald Dupont-Moretti. Selon des données du ministère de la Justice, les MNA étaient environ 16.000 en 2019.

Vendredi, une soixantaine d’associations, dont la Ligue des droits de l’Homme, Médecins du Monde et le Syndicat de la magistrature, avaient appelé à les «protéger d’urgence», dénonçant «la carence des institutions» qui entraînerait leur «mise à la rue». Elles fustigeaient aussi les discours de «fantasmes» sur les MNA, «au profit d’affichages politiciens de ‘lutte contre l’immigration’».



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