selon François Bayrou, «leadership», «expérience» et «empathie» sont les qualités requises pour Matignon


Le président du MoDem a estimé le fait que le futur chef du gouvernement soit une femme est davantage secondaire.

À quoi doit ressembler le futur chef du gouvernement ? François Bayrou en a une idée précise. Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche, le président du MoDem et partenaire d’Emmanuel Macron a dressé son portrait idéal du futur locataire de Matignon, dont l’identité est encore inconnue. Un portrait qui diffère légèrement de celui présenté par le chef de l’État.

Y aura-t-il, pour la première fois depuis 1992, une femme à ce poste clé ? À écouter François Bayrou, le sujet est en réalité secondaire. Car «c’est moins important que les autres caractéristiques de cette fonction, aujourd’hui éminente dans une situation si lourde qu’on ne peut pas s’en abstraire». «J’ai beaucoup de mal à juger les gens à partir de leur genre. Je le dis d’autant plus que, comme tout le monde le sait, j’ai travaillé toute ma vie avec des femmes», a-t-il expliqué comme pour prévenir de tout procès en misogynie. «Je ne suis pas pour les univers unigenrés, je suis pour les univers mixtes», a-t-il encore poursuivi.

À la place, le maire de Pau (Pyrénées-Atlantiques) a mis en avant trois qualités qui lui semblent davantage indispensables. D’abord, le «leadership», car «il faut la faculté de s’adresser au pays, de dire à ses concitoyens, à ses compatriotes, des choses essentielles sur eux et sur l’avenir qu’on va construire ensemble». Ensuite, de «l’expérience» suffisante pour permettre au capitaine à la barre de gérer les tempêtes qui s’annoncent. Enfin, une «empathie assez grande avec le président», car «les choses ne peuvent que tourner mal» quand des tensions agitent Matignon et l’Élysée. «L’ambiance ne doit pas être celle-là au sommet de l’État.»

«Non, je n’accepterai pas une fonction de ministre»

Mais qui pourrait donc cocher toutes ces cases ? Interrogé, François Bayrou ne s’est pas risqué à proposer des noms. Lui-même pourrait-il incarner ce qu’il décrit ? «Vous voyez bien que le portrait-robot aujourd’hui ne correspond pas exactement, en tout cas du point de vue génétique, à ce qui a été annoncé», s’est-il contenté de balayer, sans émettre un «non» formel.

Concernant un portefeuille au gouvernement, l’édile s’est en revanche montré plus clair. «A priori non, je n’accepterai pas une fonction de ministre», a-t-il fait savoir. «On ne revient pas facilement sur ses pas», a-t-il ajouté, cinq ans après avoir très brièvement occupé le poste de Garde des Sceaux et vingt-cinq ans après avoir été ministre de l’Éducation nationale. François Bayrou espère tout de même voir «autant et plus» de personnalités issues du MoDem – qui sont actuellement au nombre de trois – être nommées. «On a un vivier», s’est-il réjoui. Avant d’évoquer l’une de ses «fiertés», celle «d’avoir sauvé et développé un mouvement politique qui est d’une très grande intégrité et qui a su faire naître des générations nouvelles».

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Selon l’élu, son parti est d’ailleurs, au sein de la majorité présidentielle, celui qui a la «philosophie» la «plus caractérisée». Qu’il s’agisse de «l’intégrité sur le plan de la philosophie politique que nous partageons, des valeurs, d’une très grande solidarité entre nous». «C’est un commando qui a réussi je crois désormais à enraciner une image dans la vie politique française», s’est-il encore félicité.

Après avoir longuement vanté l’action du MoDem, François Bayrou a également évoqué les «positions différentes» qui l’ont parfois opposé à Edouard Philippe. Certes, «il y a eu des tensions», aussi en raison «du tempérament qui est le nôtre», mais lui assure s’être aperçu que cette «espèce de lutte fratricide qu’on essayait de nous imposer», «c’était idiot». Désormais, l’élu affirme que les deux hommes sont loin des «affrontements». À ce stade, il se refuse cependant à évoquer la question de la succession qui se posera rapidement, et se contente de rappeler que «l’élection présidentielle n’est pas une élection qui se décide par des structures d’appareils».



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