Psychologie. Comment affronter la crise de la quarantaine ?



Le terme crise de la quarantaine, aussi appelé « crise de milieu de vie », a été inventé par le psychanalyste canadien Eliott Jacques en 1965. Selon lui, cette crise refléterait la prise de conscience de sa propre mortalité. « La mort […] n’est plus une idée en général, ou la perte de quelqu’un d’autre : elle devient une affaire personnelle », écrivait-il.

Mais dans la réalité, cette crise de la quarantaine est très variable d’une personne à une autre. 

Qu’est-ce que la crise de la quarantaine ?

« Il existe des moments dans la vie d’une femme ou d’un homme pendant lesquels le sujet remet en cause sa vie, ses idées, son travail. Il a envie de changement et ce profond désir souvent inexpliqué, en tout cas difficile à expliquer par des motifs conscients ou conscientisés, passe parfois par des ruptures », indique Natalie Bourgeois, psychanalyste et professeure de philosophie.

Selon elle, cette crise peut avoir « lieu à 40 ans mais aussi à toute autre période de la vie. Parfois difficile à comprendre par les proches, cette « crise existentielle » arrive souvent à des âges clés, à un moment où le sujet a longtemps collé au surmoi parental et aussi à une norme posée inconsciemment pas notre société. Il serait par exemple de bon ton pour les parents que leur enfant fasse des études, trouve un travail, se marie, ait des enfants. Et souvent nous passons tous par cet « idéal du moi » pour faire plaisir à nos parents et répondre au modèle sociétal normé », soutient la psychanalyste grenobloise.

Comment arrive-t-elle ?

Mais une fois que tout s’est déroulé comme prévu, il se peut que l’on réagisse, notamment suite à un événement marquant (deuil d’un des parents, maladie, difficulté avec un enfant qui renvoie quelque chose de négatif à un parent qui a « tout fait pour lui »). « La personne réalise alors qu’elle n’est pas réellement dans son désir mais qu’elle a juste répondu à une norme qu’elle rejette violemment à un âge souvent proche de la quarantaine », indique Natalie Bourgeois.

C’est d’ailleurs un âge où l’individu a acquis suffisamment de biens matériels pour être sécurisé et chercher le sens de cette partie de vie qu’il vient de vivre, conscient qu’il lui reste une deuxième partie de vie équivalente en temps et que ce deuxième chapitre, c ‘est lui qui l’écrit dans une forme d’urgence. 

« Le sujet va alors revivre une forme de crise d’ado, d’insouciance, d’expériences limite, adoptant parfois des comportements d’adolescents ou de jeunes. Certains sujets partent en long voyage, s’inscrivent dans des mouvements plus ou moins sectaires pour comprendre le sens de leur vie, d’autres entrent en psychanalyse afin de tenter de symboliser quelque chose de leur ressenti, de leur frustration », poursuit la professeure.

Vivre ces crises et les sublimer

Mais comment doit-on réagir lorsque toutes ces interrogations se posent ? « Il me semble sain et salvateur de vivre ces crises et en faire quelque chose de l’ordre de ce que nous appelons en psychanalyse la sublimation. C’est à dire de travailler notre « pulsion de vie » et en faire quelque chose de beau et de gratifiant pour nous et pour la société », assure Natalie Bourgeois.

Il ne faut donc pas refouler cette crise et ne pas minorer son importance car « plus elle sera enfouie, plus elle se reproduira de manière violente et peut être dans un passage à l’acte comme une dépression, une décision peu réfléchie … », ajoute la psychanalyste.

Il faut donc saisir l’occasion pour travailler sur soi et remettre en exergue un projet de vie grâce à un tiers, car nous n’avons évidemment pas les mêmes désirs à 20, 30, 40 ou 50 ans.



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