devant l’effondrement des tests en pharmacie, la crainte de chiffres faussés



Le nombre des nouvelles contaminations par le Covid-19 marque un net recul en une semaine en France, et le taux d’incidence suit la même courbe. Toutefois, il est bien difficile d’affirmer que cet affaiblissement de la circulation du virus traduit la réalité sanitaire. En effet, le dépistage en pharmacie s’est effondré.

Sur le papier, les chiffres liés à la circulation du Covid-19 dans l’Hexagone sont très encourageants. Le taux d’incidence a été divisé par quatre en six semaines au plan national. Il était ainsi de 1401 cas pour 100.000 habitants au 30 mars, il n’était plus que de 365 mercredi soir, selon les derniers chiffres publiés par l’agence Santé Publique France. Et l’outil de suivi numérique de la diffusion du virus CovidTracker a enregistré une moyenne de 36.000 nouvelles contaminations au quotidien ces dernier jours, en recul de 21% par rapport à la semaine précédente.

Mais les autorités sanitaires craignent le trompe-l’œil: en effet, ces quinze derniers jours, l’affluence au dépistage s’est effondrée devant l’accalmie apparente de la circulation du virus. Illustration, samedi, dans une pharmacie de Montpellier, désertée par les particuliers en attente d’un test.

Exemple héraultais, tendance nationale

« Un an et demi », « en janvier », « ça fait cinq mois maintenant ». Les témoignages recueillis devant l’officine au moment de demander aux passants la date de leur dernier test sont éloquents. Dans sa pharmacie, Hélène Peyre confirme ce repli drastique du dépistage, livrant les chiffres journaliers des tests réalisées dans son commerce:

« C’est passé du double au simple, et même, un petit peu plus. » « En janvier, je pense qu’on aurait fait une quinzaine de tests, là on en est à trois ou quatre », reprend-t-elle encore.

Et l’exemple héraultais n’est pas un cas isolé. Il reflète au contraire une tendance qui vaut pour l’ensemble du territoire. Deux millions de tests ont été effectués en France entre les 25 avril et le 1er mai, une statistique au plus bas depuis novembre 2021.

Le facteur autotest

Après plus de deux ans d’anxiété et de lutte contre le Covid-19 et sa cohorte de variants, il semble que l’heure de la détente ait sonné pour les Français, à la veille de la levée, à compter de ce lundi, de la dernière grande contrainte de l’arsenal sanitaire: l’obligation du port du masque dans les transports.

Devant nos caméras, l’épidémiologiste Catherine Hill a cependant relevé un dernier facteur d’explication de cet écroulement numérique: « Beaucoup de gens font des autotests ». « Ils perdent l’odorat, le goût, ils sont mal fichus, il n’y a pas de doute qu’ils ont le Covid mais ils ne vont pas se faire tester en pharmacie, de manière à ce que ce soit rentré dans le système donc énormément de cas ne sont pas pris en compte », observe encore la spécialiste.

Jules Boiteau et Charlotte Planet avec R.V.



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