prendre en charge autrement les enfants « différents »



Le président Macron a annoncé que l’inclusion des personnes en situation de handicap serait une priorité du quinquennat, et un groupe de rock montre la voie : le groupe Astéréotypie dont les membres sont des autistes, et le revendiquent. Il a sorti son troisième album, et il était en concert, à Paris, le 5 mai et ils joueront le 20 mai prochain, à la Gaité Lyrique, pour fêter les 10 ans de la salle parisienne. Le décryptage de la psychanalyste Claude Halmos. 

franceinfo : Pourquoi l’existence d’un tel groupe suscite-t-elle encore autant d’étonnement ?

Claude Halmos : Cet étonnement montre, mieux que de longs discours, l’image qu’a notre société des personnes que l’autisme, ou une autre pathologie, rendent différentes.
On s’étonne qu’elles puissent faire de la musique (ou autre chose) et avoir un talent reconnu par le public, parce que l’on a tendance à les réduire à leur pathologie.

C’est-à-dire à ne plus voir que ce que cette pathologie les empêche de faire, ou d’être ; et donc à raisonner en termes de « moins ». En oubliant les « plus », c’est-à-dire tout ce qu’elles sont, au-delà de cette pathologie : leurs qualités, leurs défauts, et tous les talents qu’elles pourraient découvrir en elles.
Et que malheureusement, trop souvent elles ne découvrent pas, parce que cette vision des choses a des conséquences sur la façon dont on prend en charge, dès leur enfance, les personnes différentes.

Qu’est-ce qu’il faudrait changer dans cette prise en charge ?

Il faudrait que la pathologie, le handicap bénéficient des traitements et des aménagements nécessaires, sans pour autant tenir lieu à l’enfant d’identité ; et qu’il soit traité comme les autres. En allant dans les mêmes écoles, bien sûr, c’est très important.

Mais cela ne suffit pas. Parce qu’il faut aussi que l’école puisse lui faire une vraie place. C’est-à-dire l’aider par rapport à la réalité de son handicap, et aux difficultés –d’apprentissage, par exemple – qu’il peut générer (certains enfants ont besoin d’un accompagnant). Mais aussi par rapport à l’image sociale de ce handicap : un enfant « différent » a besoin, comme tous les enfants, qu’on le pense capable de réussir, et qu’on le lui dise. Mais il en a encore plus besoin que les autres, parce qu’il doit surmonter l’idée que sa différence pourrait (comme le croit encore trop souvent la société) lui interdire la réussite.

Et puis l’inclusion des enfants « différents » suppose aussi que l’on aide les autres élèves à changer leur regard sur eux. Et c’est essentiel parce que c’est par l’éducation que l’on peut faire changer le regard de la société sur le handicap.

Est-ce que les disciplines artistiques sont importantes pour ces enfants ?

Les disciplines artistiques sont importantes pour tous les enfants, parce qu’elles leur font découvrir le plaisir de nouveaux moyens d’expression. Mais elles le sont plus encore pour les enfants « différents », parce qu’elles permettent d’exprimer tout ce que l’on ne pourrait pas dire autrement ; et qui plus est, de l’exprimer d’une façon qui est valorisée par la société.

Le groupe Astéréotypie le prouve, et c’est un formidable message d’espoir pour tous les parents.





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