sursis et interdictions d’exercer pour des policiers de la BAC de Nancy


Sept policiers de la BAC de nuit de Nancy ont été condamnés vendredi 13 mai à des peines de six à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis pour «harcèlement moral» de quatre ex-collègues sur lesquels ils faisaient pression «pour qu’ils partent d’eux-mêmes» du service, de 2015 à 2018.

Le tribunal correctionnel de Nancy a en outre prononcé, pour quatre des policiers, des amendes allant jusqu’à 2000 euros pour injures racistes envers un collègue. La juridiction, qui a relaxé trois des dix prévenus, a prononcé des interdictions d’exercer le métier de policier pour les sept condamnés, dont une définitive pour celui qui avait été décrit lors du procès en mars comme le meneur. L’interdiction est de cinq ans pour l’un des policiers, deux ans pour deux policiers et un an pour les trois autres.

Au total, dix policiers avaient comparu mi-mars, dont neuf pour harcèlement moral et injures racistes: le procureur de la République François Pérain, qui avait réclamé des interdictions d’exercer pour quatre d’entre eux, avait requis jusqu’à 18 mois avec sursis, évoquant un «harcèlement collectif» de la part des prévenus et qualifiant leur comportement de «machine à exclure qui broie une femme et trois hommes».

«Fermes» et «justes»

«La justice est passée et le message est clair: le racisme n’a pas sa place dans la police, le harcèlement n’a pas sa place dans l’administration et dans les relations de travail», a salué Me Frédéric Berna, avocat des quatre parties civiles, qualifiant les peines prononcées de «fermes» et «justes». «Les peines sont justes», a ajouté le conseil: «il n’est pas tolérable que des éléments racistes et déviants prennent la main sur un service de police (…), il n’est pas question que la République se laisse vampiriser par des flics ripoux».

Durant le procès, les quatre parties civiles avaient évoqué leur calvaire lors de leur passage à la BAC de nuit de Nancy et leur mise à l’écart progressive au sein du service. «Ils m’ont détruite, j’ai vécu un calvaire» avait raconté une des victimes, seule femme du groupe entre 2013 et 2017. Une autre victime, d’origine maghrébine, faisait l’objet d’insultes racistes régulières dans une conversation Messenger qui rassemblait les policiers du service et dont elle était exclue. «Des bêtises», de la «stupidité», s’étaient défendus les prévenus qui avaient nié toute volonté de nuire. Sollicitée par l’AFP, l’avocate de huit des prévenus, Me Juliette Grosset, n’a pas souhaité s’exprimer.



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