le président rencontre les parents de Debanhi, violée et assassinée selon une expertise


Le président mexicain a rencontré vendredi 13 mai les parents de Debanhi Escobar, au lendemain de la publication d’une expertise indépendante révélant que la jeune fille a été violée et assassinée, une nouvelle pièce dans ce dossier emblématique des ratés de la justice dans les affaires de féminicides au Mexique.

«J’ai parlé avec eux et je me suis engagé à aider pour éclaircir ce qui s’est passé et pour qu’il n’y ait pas d’impunité», a déclaré Andres Manuel Lopez Obrador en déplacement à Monterrey (nord). L’affaire suscite un intérêt et un tollé inhabituels au Mexique, où une dizaine de femmes sont tuées chaque jour selon les statistiques officielles.

«Des signes de violences sexuelles»

Deux semaines après sa disparition, le corps de Debanhi, 18 ans, a été retrouvé le 21 avril, au fond d’une citerne à proximité d’un motel de bord de route à la périphérie de Monterrey. Le cadavre «présentait des signes de violences sexuelles», selon un rapport d’autopsie demandé par la famille. La jeune femme a été victime d’un «homicide», ajoute ce rapport révélé par l’édition mexicaine en ligne du journal espagnol El Pais, qui a eu accès au document. L’expertise parle de «contusions cranio-faciales» provoquées par «une tierce personne».

L’autopsie officielle n’avait pas donné de détails sur les causes de la mort, ni évoqué de violences sexuelles. Devant la presse, le secrétaire à la Sécurité, Ricardo Mejia, a mentionné «deux expertises» et la nécessité d’«une seule opinion». Ricardo Mejia doit également rencontrer les parents de la jeune fille. Le père de Debanhi, Mario Escobar, a par ailleurs demandé la démission du procureur ou de son adjoint s’ils s’avéraient être à l’origine de la fuite du rapport d’autopsie dans les médias.

Rien qu’en 2021, 3751 femmes ont été assassinées au Mexique, dont 1004 cas considérés comme des féminicides. Le tout dans une impunité quasi-totale : sur 1,7 million d’attaques violentes contre des femmes enregistrées ces huit dernières années, seuls 781 procès pour tentatives de féminicide ont eu lieu, selon des chiffres révélés par une journaliste indépendante, Gloria Pina, lauréate du prix Breach-Valdez 2022 pour la liberté de la presse.



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