fardeau ou facteur du bien-être psychologique ?



Le dictionnaire Larousse accorde deux définitions au mot nostalgie. La première concerne un état de « tristesse et de langueur causé par l’éloignement du pays natal » : le fameux « mal du pays ». Du grec nostos qui signifie retour, et algos pour douleur, la nostalgie a d’abord été présentée comme une maladie.

Jusqu’au début-milieu du XXe siècle, elle est « présentée comme une psychopathologie familière avec les états dépressifs observés chez les personnes séparées de la maison », souligne Kévin Gaudreault, auteur d’une thèse sur le sujet, présentée à l’Université du Québec. Avec des symptômes tels que douleurs, palpitations cardiaques irrégulières, manque d’énergie, difficultés de sommeil etc.

La seconde définition du Larousse reflète sans doute davantage le sens que nous accordons aujourd’hui à ce terme : un « regret attendri ou désir vague accompagné de mélancolie ». La nostalgie est alors corrélée à « la présence d’un désir plus large – que le mal du pays, n.d.l.r. – pour un temps passé ou un endroit particulier ».

La musique…

Dans un travail publié en 2018, des scientifiques sont parvenus à lier les deux définitions, à partir d’une population d’étudiants à l’étranger. Leur constat : le fait d’écouter de la musique dite « nostalgique » inciterait ces jeunes à s’interroger sur leur vie : qu’elle se soit améliorée ou au contraire, dégradée. Et s’ils ont particulièrement le mal du pays, la musique les tournerait plutôt « vers le bas », comme le disent les auteurs…

Pour autant, la nostalgie ne serait pas forcément synonyme de fardeau voire de mal-être. Une étude parue dans le European Journal of Psychology décrit même un triple avantage : un, elle contribuerait à augmenter le « sens de la vie ». Deux, elle interviendrait dans différents choix liés à la poursuite d’objectifs : orientation, etc. Trois, elle favoriserait les liens sociaux. Ce qui signifie que le fait de se replonger dans ses souvenirs ou dans les albums de photos peut être associé à une forme d’assurance sinon de sécurité, avant par exemple d’effectuer un choix.

Émotions mixtes

Enfin, des travaux réalisés en neuro-imagerie ont mis en évidence l’implication des systèmes cérébraux de la récompense, au cours d’expériences dites « nostalgiques ». Et ce, à partir de stimuli visuels.

Selon les auteurs, deux éléments principaux sous-tendent cette nostalgie : « la signification émotionnelle et personnelle », d’une part et « l’éloignement chronologique », d’autre part. Et de statuer : « la nostalgie est prédite par des émotions mixtes mais majoritairement positives ».



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