Polémique en Bosnie sur le nombre d’enfants tués durant le siège de Sarajevo


Une vive polémique sur le nombre d’enfants tués pendant le siège de Sarajevo dans les années 1990 a éclaté en Bosnie après la remise en cause du chiffre officiel des jeunes victimes par un chroniqueur local accusé de «provocation» et menacé sur les réseaux.

Selon les chiffres officiels, 1601 enfants ont trouvé la mort entre 1992 et 1995 dans la capitale assiégée par les forces serbes de Bosnie. Connu pour sa façon parfois brute de dénoncer les manipulations sur le nombre de victimes de la guerre intercommunautaire, notamment par des responsables de la communauté serbe de Bosnie, dont lui-même est issu, Srdjan Puhalo a récemment critiqué des dirigeants bosniaques (musulmans) et des médias de Sarajevo sur le même sujet.

«Fait» qui «n’est pas prouvé»

«Prouvez que 1601 enfants ont été tués à Sarajevo ou cessez d’utiliser ce chiffre», comme l’ont fait le 5 mai des médias et responsables politiques à l’occasion de la journée de commémoration des enfants tués, a-t-il asséné dans un article. «Avec la meilleure intention de rendre hommage aux enfants de Sarajevo tués, on fait constamment référence à un fait qui n’a tout simplement pas été prouvé», a-t-il affirmé.

«D’après les recherches documentées, beaucoup moins d’enfants ont été tués». «Le Livre bosnien des morts», édité et mis à jour depuis 2007 par le Centre de documentation et de recherche de Sarajevo (IDC), une institution indépendante, a établi à 643 le nombre d’enfants (de 0 à 18 ans) tués lors du siège sur un total de 11.541 victimes.

Menaces de mort

Le monument dédié aux enfants tués durant le siège, inauguré en 2010, comporte, lui, 521 noms. Le texte de Srdjan Puhalo a provoqué la colère à Sarajevo et notamment sur les réseaux sociaux où il reçut des menaces de mort, dénoncées par l’Association des journalistes bosniens qui a exhorté la police à identifier les auteurs.

«On verse du sel sur des plaies ouvertes des parents», a déclaré à la presse locale Fikret Grabovica, président de l’association des parents d’enfants tués durant le siège. Pour lui, il s’agit d’une «provocation honteuse». Il a expliqué que les noms inscrits sur le monument étaient ceux des enfants déclarés «volontairement» par leurs parents auprès de l’association, et que le chiffre de 1601 enfants provenait d’un document publié en 1996 par les autorités sanitaires.

Srdjan Puhalo a toutefois reçu le soutien de plusieurs figures de Sarajevo, parmi lesquelles la réalisatrice bosnienne Jasmila Zbanic et le directeur du Musée de l’enfance pendant la guerre, Jasminko Halilovic. «Un seul enfant tué à Sarajevo ou n’importe où ailleurs est trop. Je ne comprends pas où est le problème de demander une liste» complète et vérifiée de noms, a écrit la cinéaste sur son compte Facebook.



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