Les associations de consommateurs demandent un ministre de la Consommation


La grande distribution verrait également d’un bon œil la création d’un tel ministère, toutefois peu probable.

Après avoir monopolisé les débats de la campagne présidentielle sur fond de retour de l’inflation, le pouvoir d’achat sera le dossier brûlant du nouveau gouvernement. Le sujet a pris une telle importance dans le quotidien des Français et dans le débat public qu’une loi «pouvoir d’achat» est déjà en préparation. Le texte qui reprend les principales propositions d’Emmanuel Macron – notamment le chèque alimentaire, l’indexation des retraites et des aides sociales sur l’inflation, bouclier tarifaire sur le gaz et subventions sur l’essence – doit être voté dès l’été une fois l’Assemblée nationale élue.

Mais qui sera chargé de piloter cette loi ? La logique voudrait que le futur ministre de l’Économie s’en saisisse. À moins qu’un ministère spécialement dédié à la consommation ne soit créé. La demande émane des associations de consommateurs, en pleine consultation avec le gouvernement sur la loi «pouvoir d’achat». «Nous demandons un interlocuteur dédié, car nous n’avons pas aujourd’hui de ministre de la Consommation», avance Patrick Mercier, président de l’ADEIC (Association de Défense, d’Éducation et d’Information du Consommateur). «Il nous faudrait un canal direct où l’on puisse dialoguer sans agressivité et sans démagogie», déclare-t-il. «Nommer officiellement quelqu’un qui s’intéresse à la consommation, ça montrerait l’intérêt du gouvernement. Vu la situation du pouvoir d’achat, on en aurait besoin», annonce Jean-Yves Mano, président de la CLCV (Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie).

Les entreprises réclament aussi un interlocuteur

Ne trouvant pas d’interlocuteur dédié au sein de l’exécutif, les institutions du secteur ont le sentiment que le bien-fondé de leur mission n’est pas assez reconnu. «Force est de constater que le Conseil national de la consommation ne se réunit plus, faute d’interlocuteur», constate Jean-Yves Mano. Le Conseil national de la consommation (CNC) est un organe consultatif auprès du ministère de l’Économie et des Finances rassemblant les représentants des consommateurs et ceux des organisations professionnelles du secteur. Il est chargé d’éclairer les choix de la politique de la consommation du gouvernement. Le dernier avis rendu par le CNC date de septembre 2021. Sept avis du CNC ont été rendus sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, entre 2017 et 2022. C’est moitié moins que sous le précédent quinquennat, entre 2012 et 2017.

Au-delà des associations de consommateurs, Michel-Édouard Leclerc se dit favorable à la création d’un ministère de la consommation, de la qualité de vie. «Je voudrais qu’on recrée un ministère de la Consommation, de la qualité de la vie» dont le ministre «s’approprie les problèmes quotidiens des gens, du prix des choses», a demandé le très médiatique patron des centres Leclerc ce jeudi sur LCI. Un tel ministère permettrait également à sa puissante filière d’avoir un relais direct au gouvernement, alors que pour Bercy elle n’est aujourd’hui qu’un secteur parmi d’autres à prendre en compte dans ses arbitrages.

Si le besoin d’un membre du gouvernement dédié à la consommation est mis en avant par les associations de consommateurs, elle n’a pas pour l’instant occupé leurs discussions avec le gouvernement, qui se concentrent plutôt sur les dispositifs de la «loi pouvoir d’achat». Quoi qu’il en soit, la création et l’attribution d’un nouveau portefeuille ministériel sont des prérogatives du premier ministre après sa nomination par le Président de la République.

Il existe des précédents sous les gouvernements de la Vème République. Certains ministres ou secrétaires d’État se trouvaient directement chargés de la consommation qui n’était cependant qu’une attribution parmi d’autres. La dernière personnalité à occuper un tel poste était Martine Pinville sous François Hollande en tant que secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie Sociale et Solidaire jusqu’en 2017.



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