la violence de l’accident sur les corps


Deux médecins légistes ont décrit jeudi 12 mai au tribunal de Paris l’examen des corps retrouvés après le crash de la Yemenia Airways au large des Comores en 2009, dont les victimes ont succombé à des «polytraumatismes» ou à la «noyade».

La compagnie nationale yéménite, qui opérait le vol IY626 qui s’est abîmé dans l’océan Indien au large de Moroni, capitale des Comores, est jugée depuis lundi et pendant quatre semaines pour homicides et blessures involontaires.

Dépouilles repêchées

En juillet 2009, une unité spécialisée l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) s’est rendue dans l’archipel après la catastrophe qui, dans la nuit du 29 au 30 juin, a tué 152 personnes, laissant une seule rescapée. Deux membres de cette équipe ont témoigné jeudi. Ils ont précisé que 25 corps avaient été charriés par un fort courant marin vers la Tanzanie, où ils ont été retrouvés une semaine plus tard.

La majorité des dépouilles des victimes a cependant été repêchée deux mois après le crash au fond de l’océan, à 1280 mètres de profondeur, à côté des débris de la carlingue. Au total, 111 corps ou fragments de corps ont été identifiés.

Pas de gilets de sauvetage

«Les éléments dentaires, l’ADN, une particularité anatomique, les empreintes digitales, un seul de ces éléments peut permettre d’identifier formellement une victime», a résumé un expert. Aucune des victimes ne portait de gilet de sauvetage.

Elles sont décédées de «polytraumatismes majeurs par décélération brutale», soit le moment où l’avion a heurté l’eau à forte vitesse: «cela entraîne de multiples fractures, des lésions d’organes majeures, des hémorragies», a indiqué l’autre légiste. Trois corps retrouvés en Tanzanie et cinq aux Comores ne présentaient cependant «pas de lésion ni de fracture»: «malgré la dégradation du temps, on retrouve des signes évocateurs de noyade». Un seul corps portait des traces de «brûlures» au niveau de la poitrine.

Évoquant le témoignage de la seule rescapée, Bahia Bakari, qui a souffert de brûlures au niveau des pieds, l’expert a estimé que ces blessures «ne peuvent qu’être dues à un court-circuit et au kérosène» qui auraient produit des flammes juste après le crash. En réponse aux questions, il a écarté l’hypothèse de la «foudre» ou encore d’un incendie à bord avant le crash. Le procès doit reprendre lundi après-midi avec une nouvelle audition des experts aéronautiques.


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