Hommage à une journaliste palestinienne tuée, appels à une enquête


Les Palestiniens rendent jeudi 12 mai hommage à l’une des leurs, la journaliste vedette Shireen Abu Akleh, tuée d’une balle dans la tête lors d’une opération militaire israélienne en Cisjordanie occupée, les États-Unis et de nombreux pays condamnant sa mort et réclamant une enquête «transparente».

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Après avoir dit que la journaliste de la chaîne panarabe Al Jazeera avait «probablement» succombé à un tir de combattants palestiniens, Israël a ensuite affirmé qu’il n’écartait pas que la balle ait été tirée par ses soldats à Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’armée israélienne depuis 1967.

Cérémonie officielle à Ramallah

Palestinienne chrétienne âgée de 51 ans et ayant aussi la nationalité américaine, la journaliste portait une veste pare-balles siglée «presse» et un casque de reportage alors qu’elle couvrait l’opération. Al Jazeera a accusé les forces israéliennes d’avoir tué «de façon délibérée» et de «sang froid» sa journaliste vedette. L’annonce de son décès a suscité une vive émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux États-Unis.

Jeudi en fin de matinée, une cérémonie officielle est prévue à Ramallah en Cisjordanie, au siège de l’Autorité palestinienne, en présence du président Mahmoud Abbas et de représentants de la presse, avant ses funérailles vendredi dans une église de Jérusalem, ville où elle a grandi. La veille, des Palestiniens ont déposé des gerbes de fleurs au passage du véhicule transportant sa dépouille en Cisjordanie, puis une foule s’est massée pour porter son corps, déposé sur un brancard et enveloppé d’un drapeau palestinien, jusqu’au bureau local d’Al Jazeera.

Shireen «était la sœur de tous les Palestiniens», a déclaré mercredi soir à l’AFP, la voix nouée de sanglots, son frère Antoun Abu Akleh. «Ce qui s’est passé ne peut être réduit au silence. Dieu merci, le peuple palestinien la soutenait et nous soutient, elle ne sera pas oubliée (…).»

«Pas certaine»

La journaliste a été tuée dans le camp de réfugiés de Jénine, un bastion des factions armées palestiniennes dans le nord de la Cisjordanie d’où sont originaires les auteurs d’attaques récentes en Israël. L’armée avait lancé une opération pour appréhender des Palestiniens recherchés. Dans un premier temps, le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait suggéré que la journaliste avait «probablement» succombé à un tir de combattants palestiniens.

Mais plus tard, mercredi soir, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a indiqué à la presse étrangère que l’armée «n’était pas certaine de la manière dont elle a été tuée». «C’est peut-être un Palestinien qui a tiré sur elle (…) Le tir est peut-être aussi venu de notre côté, nous enquêtons», a déclaré Benny Gantz, qui a évoqué une mort «malheureuse». Selon le médecin légiste palestinien Rayyan Ali, qui a pu examiner la dépouille, la journaliste a été tuée d’une balle l’ayant atteinte «à grande vitesse» à la tête. «Nous avons besoin de la preuve médico-légale» des Palestiniens, y compris la balle ayant tué la reporter, afin de mener une enquête «complète», a dit Benny Gantz.

«La balle»

Le Cogat, l’unité du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les Territoires palestiniens, a réclamé aux Palestiniens «la balle retrouvée dans le corps de Shireen Abu Akleh afin de permettre à la division des enquêtes criminelles de la police militaire de mener une enquête scientifique pour retracer l’origine du tir», a indiqué à l’AFP une source sécuritaire israélienne. Israël a aussi proposé à des responsables palestiniens et américains «d’être présents» lors de l’examen de la balle, et peut-être identifier l’arme dont elle provenait, a ajouté cette source.

«Israël a demandé une enquête conjointe et que nous leur remettions la balle à l’origine de l’assassinat de la journaliste mais nous refusons. L’enquête doit être complètement indépendante», a réagi jeudi Hussein al-Sheikh, un ténor de l’Autorité palestinienne.

Les États-Unis ont appelé à une enquête «transparente», de préférence conjointe entre Israéliens et Palestiniens, tandis que l’ONU et l’Union européenne ont exhorté à une investigation «indépendante». «Nous condamnons fermement le meurtre de la journaliste américaine Shireen Abu Akleh», a tweeté le porte-parole du département d’État Ned Price. Le groupe des pays arabes à l’ONU a réclamé «une enquête internationale indépendante» sur «l’assassinat» de la journaliste.


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