Disney déçoit en dépit de sa croissance dans le streaming


Le bénéfice est ressorti à 597 millions de dollars, en repli de 46% et très nettement inférieur aux attentes, tandis que Disney+ a vu son nombre d’abonnés croître de 33% sur un an.

Disney évite pour l’instant la catastrophe qui plombe Netflix. Le nombre de nouveaux abonnés à ses plateformes de vidéo à la demande continue de grimper. Il atteint 137, 7 millions début avril, ce qui représente une croissance annuelle de 33%. Mais si les derniers résultats trimestriels du numéro un de la communication sont honorables, ils n’en sont pas moins décevants.

Le cours de Disney qui a plongé de 32% depuis le début de l’année, a du reste encore reculé de plus de 3% mercredi soir, sur le marché hors cote, après la clôture du New York Stock Exchange. Disney reste une des valeurs qui a le plus chuté en quatre mois, parmi les 30 actions représentées dans l’indice Dow Jones. On sait que la multinationale est affectée par les aléas de la conjoncture. Le risque de récession mondiale et l’érosion du pouvoir d’achat de millions de consommateurs va peser sur ses affaires.

La firme de Burbank (Californie) a annoncé mercredi soir n’avoir réalisé que 470 millions de bénéfices au cours des trois premiers mois de l’année. C’est presque deux fois moins qu’au cours de la même période l’an dernier. Dans le même temps, le chiffre d’affaires de Disney s’envole, passant de 15, 61 milliards de dollars début 2021, à 19, 25 milliards de dollars.

On y voit le résultat du boom du tourisme, rendu possible par la fin de la pandémie. Le pôle de Disney qui comprend ses parcs à thème et ses hotels nageait dans les pertes en raison des confinements et restrictions de voyages, début 2021. Il affiche 1, 76 milliards de dollars de profits au cours des trois premiers mois de l’année 2022.

On note aussi que la controverse politique qui affecte Disney en Floride, ne semble pas pour l’instant dissuader des milliers de familles de venir faire rêver leurs enfants à Disney World. Bob Chapek, le patron de Disney, est devenu malgré lui la bête noire du gouverneur républicain de Floride, et le symbole du patron hollywoodien «woke», pour avoir tardivement dénoncé une loi floridienne interdisant l’enseignement aux jeunes de la théorie du genre dans les écoles publiques.

Un budget de contenu de 32 milliards de dollars

Wall Street s’intéresse énormément au nombre d’abonnés à Disney +, Hulu et ESPN +, les trois grandes plateformes de «streaming» du groupe. Le gain de 33% du nombre d’abonnés à Disney +, par rapport à l’année dernière, a beau dépasser les prévisions des analystes, il représente un ralentissement au regard de la croissance du dernier trimestre 2021.

Et surtout, le revenu moyen mensuel payé par abonné ne progresse globalement que de 9%. Ce montant clé n’est que de 4, 35 dollars, tous marchés mondiaux confondus. Disney l’explique par la relative meilleure popularité des formules d’abonnements moins chères. Sur le marché nord américain, le plus concurrentiel et le plus riche, le revenu moyen mensuel par abonné atteint 6, 32 dollars, soit un gain 5% sur un an.

Disney continue de tabler sur une croissance du nombre de ses abonnés, ce qui est un soulagement dans le contexte de la prévision inverse faite il y a quelques semaines par Netflix. Il est vrai que Disney, à la différence de Netflix, n’a pas encore offert Disney + sur l’ensemble des grands marchés mondiaux.

Rien que d’ici la fin du second trimestre, le service sera par exemple proposé dans 53 nouveaux marchés. Bob Chapek souligne que l’arrivée de nouveaux contenus, à la fois films et séries, devrait stimuler l’intérêt du public. Mais Disney compte aussi sur des formules d’abonnement, moins chères comprenant de la publicité, pour entretenir la croissance faiblissante du nombre de ses utilisateurs.

La production de nouvelles séries et films, essentielle pour alimenter l’expansion de Disney +, ajoute aux coûts de développement de cette nouvelle forme de distribution. Elle contribue à un doublement des pertes du pôle «direct to consumer» qui abrite le streaming. Elles atteignent désormais 887 millions de dollars. Pour autant l’objectif de profitablité de cette activité reste septembre 2024, confirme Bob Chapek.

«Nous suivons très attentivement nos dépenses en matière de contenu», souligne-t-il en commentant les résultats trimestriels de sa société. Pour l’ensemble de l’année 2022, il a déjà réduit d’un milliard sa prévision de dépenses à ce poste qui représentera encore néanmoins un montant colossal de 32 milliards de dollars dont en gros un tiers correspond à des droits de diffusion de rencontres sportives.



Notre Partenaire : Actu du jour

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*