Dans la Drôme, des agriculteurs surfent sur la pénurie de tournesol et convertissent les terres



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Conséquence directe de la guerre en Ukraine, qui fournissait jusqu’ici 60% de la production mondiale, l’Europe manque de tournesol et les prix s’envolent. Dans la Drôme, des céréaliers se lancent dans cette culture avec l’espoir de gains importants. #IlsOntLaSolution

Des rayons désespérément vides. Partout en Europe, l’huile de tournesol est devenue une denrée rare et donc chère. Conséquence de la guerre en Ukraine qui fournissait avant le conflit 60% de la production mondiale de tournesol et de la fin des exportations russes. Un casse-tête pour les restaurateurs, grands consommateurs d’huile.

Chez Rodolphe Perret à Valence dans la Drôme, cent litres sont utilisés chaque semaine et le prix a quasiment doublé : « Avant un bidon de 30 litres coûtait environ 47 euros. Maintenant, c’est de l’ordre de 80 à 90 euros selon les fournisseurs« . Un prix qui continue de grimper chaque jour.

De quoi créer un effet d’aubaine chez les agriculteurs. Dans le sud du département, ils sont plusieurs à avoir planté du tournesol en lieu et place d’autres cultures, alléchés par la hausse des cours du tournesol et la garantie d’écouler leur production dans ce contexte très tendu. « Aujourd’hui, c’est intéressant. Il y a six mois, le tournesol était à 600 euros la tonne. On avait déjà gagné 100 euros par rapport à l’année précédente. Là, on est monté à plus de 1000 euros« , explique Hervé Lauzier, agriculteur à Châteauneuf-du-Rhône.

Il y a ceux qui se convertissent au tournesol et il y a ceux qui en produisaient déjà et qui, au vu des cours en hausse, ont décidé d’augmenter les surfaces cultivées. C’est le cas dans le Lot-et-Garonne chez Vincent Rigo, céréalier à Escassefort, qui plantera cette saison trois cents hectares de tournesol, trois fois plus que les années précédentes, avec l’assurance de dégager des profits. Mais pour lui qui est également élu à Chambre départementale d’agriculture, cette pénurie de tournesol doit nous faire prendre conscience de la nécessaire relocalisation de certaines productions. 

Là, on sent qu’on a besoin de nous. On avait déjà besoin de nous, mais on ne nous le disait pas. Aujourd’hui, on sent vraiment que les gens prennent conscience qu’il faut une agriculture performante en France.


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