cela « ne devrait pas changer la situation épidémiologique », mais « il faut rester vigilant », selon un épidémiologiste



« Se passer du masque dans les transports ne devrait pas changer l’amélioration de la situation épidémiologique », a estimé mercredi 11 mai sur franceinfo Pascal Crepey, enseignant-chercheur en épidémiologie et en bio-statistique à l’École des hautes études de santé publique, à Rennes. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mercredi que le masque ne sera plus obligatoire dans les transports en commun à partir du lundi 16 mai. Pascal Crepey souligne néanmoins qu’il ne faut pas que la levée de cette mesure sanitaire soit « considérée comme une obligation de ne plus le porter ». Il appelle à « rester vigilant » car « malheureusement l’épidémie n’est pas finie ».

franceinfo : Est-ce que la situation épidémiologique vous paraît suffisamment bonne aujourd’hui pour qu’on se passe du masque dans les transports ?

Pascal Crepey : Ce qui est certain, c’est que la situation épidémiologique continue de s’améliorer, qu’on a un nombre de reproduction qui est largement inférieur à un. Et donc a priori, se passer du masque dans les transports ne devrait pas changer l’amélioration de la situation. Cela va peut-être ralentir la baisse éventuellement, il y aura peut-être des infections qui n’auraient pas eu lieu si le masque avait été gardé mais cela ne devrait pas changer la donne d’un point de vue épidémiologique.

Constatez-vous une réelle décrue ces derniers jours, ces dernières semaines ?

Oui, la décrue est constatée. Le nombre de cas positifs continue de diminuer. Elle est plus lente en ce qui concerne l’occupation hospitalière et les décès. On est encore à une centaine de décès par jour. Donc, le niveau de circulation du virus reste fort. C’est pour ça qu’il faut vraiment que cette fin d’obligation du port du masque ne soit pas considérée comme une obligation de ne plus le porter. Il faut que les personnes continuent éventuellement de porter le masque pour se rassurer elles-mêmes si elles en ont besoin, ou si elles se sentent à risque de faire une forme grave ou à risque d’avoir été infectées et potentiellement de contaminer les gens. Cela fait partie de l’apprentissage de vivre avec le virus.

Cet apprentissage, vous avez l’impression que les Français l’ont acquis ?

Je pense que deux ans d’épidémie, nous ont enseigné énormément de choses même si la perception du risque s’amenuise parce que c’est vrai que de manière concrète on est plus protégés, les gens sont largement vaccinés et le variant Omicron, quand on est vaccinés, fait en général, des formes peu sévères mais il faut garder en tête que malheureusement l’épidémie n’est pas finie. Quand on regarde un peu dans le reste du monde, en Afrique du Sud ou aux États-Unis par exemple, d’autres variants ont émergé et sont en train de prendre le pas et de changer la nature des courbes épidémiques. Ils font repartir cette épidémie à la hausse. Et il n’est pas du tout certain que l’été soit aussi tranquille qu’on l’espérait. Donc, il faut rester vigilant.





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