Malgré les nuages avec Macron, Philippe dessine son «Horizons»


Edouard Philippe a lancé samedi à Niort les premiers comités locaux d’Horizons, plus que jamais «déterminé» à avancer dans la structuration de son parti malgré l’épisode de guerre froide l’opposant à Emmanuel Macron, qui a fait capoter son OPA sur l’aile droite de la majorité.

Difficile pour Edouard Philippe de se cramponner à son slogan – «enraciner» son parti Horizons, et «élever le débat collectif» – quand il est sans cesse ramené aux bisbilles internes à la majorité. À commencer par la défiance supposée que le chef de l’État entretiendrait envers son ancien Premier ministre, dont la popularité depuis son départ de Matignon en juillet 2020 reste élevée.

130 comités étrennés

Un sujet sur lequel il ne veut «pas passer des heures», prévient-il samedi, alors qu’il vient d’inaugurer devant une centaine de Niortais, dont le maire Jérôme Baloge, la première déclinaison locale d’Horizons. Environ 130 comités sont étrennés le même jour, et une centaine d’autres doivent champignonner d’ici à la fin janvier, se réjouit M. Philippe, attendu dans la foulée à La Roche-sur-Yon puis Guérande. Une manière pour lui d’afficher que sa «détermination est totale» tout comme, sa «loyauté est totale». «Il y a peut-être des gens que ça angoisse mais c’est leur problème, pas le mien», ironise-t-il encore, répétant ne pas être «dans une logique de confrontation, qui serait absurde».

Au cœur des crispations, le refus opposé par le chef de l’État en personne à la fusion entre Horizons et le petit parti Agir, dirigé par le ministre Franck Riester, qui aurait offert la mainmise à M. Philippe sur la droite de la majorité. Une manœuvre qui a suscité la consternation dans les rangs philippistes, et avivé les bruits de friction entre les entourages alors même que la majorité s’était mise en ordre de marche pour la présidentielle en se rassemblant dans une structure, «Ensemble citoyens!».

Par conséquent, Horizons a «suspendu sa participation» à cette «maison commune», explique l’eurodéputé Gilles Boyer, «car on a considéré qu’empêcher la fusion avec Agir contrevenait directement à une clause que l’on s’était collectivement fixée dès le début: à savoir pouvoir se rapprocher entre partis».

«Fébrilité»

Ami d’Édouard Philippe, Gilles Boyer observe avec circonspection la publicité induite autour de ce qui aurait dû rester un non-événement: «Si on nous laissait faire, personne n’en parlerait.» Cela n’a d’ailleurs pas empêché plusieurs élus Agir de rejoindre Horizons, grâce au système de double adhésion, sans toutefois offrir au nouveau parti de M. Philippe les financements publics afférents. «Ça traduit une forme de fébrilité dans la majorité que je trouve surprenante», relève encore un député. Ce dernier fait l’inventaire des «pressions» subies par ses collègues appartenant à La République en marche, «rattrapés par la patrouille, c’est-à-dire par Casta (Christophe Castaner, le patron des députés LREM) ou Richard (Ferrand, le président de l’Assemblée)» au moindre «tweet favorable à Horizons».

En filigrane se prépare aussi la bataille des législatives, et la possibilité qu’Horizons, qui aurait, de sources internes, déjà rallié une trentaine de députés d’étiquettes diverses, constitue son propre groupe à l’Assemblée, réduisant d’autant l’influence de LREM. Dans ce contexte, M. Philippe tente d’adopter une posture de surplomb, fustige «l’omniprésence de l’immédiateté», «l’affaissement du débat public» et «assume de prendre (s)on temps» pour formuler des propositions. «Je ne suis pas candidat à la présidentielle, donc je ne suis pas là pour vous présenter un programme», fait-il ainsi valoir à une dame «issue de la gauche» et venue en curieuse l’écouter à Niort.

Toujours dans l’expectative sur sa place dans le futur dispositif de campagne de M. Macron, M. Philippe compte intervenir ponctuellement durant les trois prochains mois sur des sujets spécifiques, à l’image de sa récente prise de position en faveur de la vaccination obligatoire. Surtout, le maire du Havre cultive soigneusement l’un de ses atouts maîtres en politique, à savoir son réseau d’édiles, à qui il veut «redonner la parole sur les enjeux nationaux», en créant notamment d’ici fin janvier «une assemblée des maires».



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