L’inévitable nécessité d’économiser l’eau dans l’avenir, y compris en Bretagne !



Alors que la commune de Castries, dans l’Hérault, vient de lancer son défi « Eco l’Eau », visant à réduire la consommation d’eau des habitants, de nombreuses agglomérations réfléchissent aujourd’hui aux moyens de préserver la ressource.

C’est le cas de l’agglomération de Saint-Malo en Île-et-Vilaine. « En 2017, nous étions à 17 jours d’autonomie en eau, explique Jean-Francis Richeux, le maire de la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet, vice président de l’agglomération de Saint-Malo, chargé de l’environnement et du développement durable.

« Aujourd’hui nous devons réfléchir à d’autres sources d’approvisionnement pour assurer notre ressource pour les 30 prochaines années. Nous avons un déficit résiduel de 4 millions de m3, ce qui équivaut à 50% des besoins dans les 10 prochaines années ».

Jean-Francis Richeux

à franceinfo

Actuellement, les communes de l’agglomération bénéficient de 3 réservoirs d’eau, dont l’étang de Beaufort, situé à Plerguer. C’est la principale réserve en eau du pays de Saint-Malo mais là comme ailleurs, on observe un déficit. « Toute l’Ile-et-Vilaine est concernée, explique Jean-Francis Richeux, même si le nord du département reste le secteur le plus critique. »

Aujourd’hui l’agglomération se tourne vers la région de Dinan dans les Côtes-d’Armor, plus riche en eau. Elle mise aussi sur des prises d’eau dans l’Arguenon, une rivière située dans la région de Plévin.

« Il va falloir économiser l’eau sinon elle finira par manquer. »

Jean-Francis Richeux, président du syndicat de eaux de Beaufort

à franceinfo

« En Bretagne on vit avec l’eau depuis toujours, mais il va falloir apprendre à l’économiser », poursuit Jean-Francis Richeux.

Le maire de Saint-Père-Marc-en-Poulet estime que l’eau ne coûte pas assez cher, du coup les citoyens sont habitués à appuyer sur un bouton pour voir l’eau couler sans se poser de questions. L’objectif des élus de l’agglomération est de ramener la consommation annuelle par habitant à 15 m3 dans les 5 ans à venir, actuellement on est autour de 22 ou 23 m3 annuels.

« Il est impératif de prendre conscience que l’eau est avant tout un bien alimentaire et que tout le reste est souvent superflu », insiste Jean-Francis Richeux. Actuellement on utilise 2% de l’eau pour la cuisine et les boissons, 4% pour la douche.

En fait, c’est une somme de petits gestes qu’il faut apprivoiser : fermer le robinet lorsqu’on se lave les mains ou lorsqu’on se brosse les dents, équiper la chasse d’eau d’un mode économique, installer des récupérateurs d’eau de pluie et s’interroger sur la nécessité d’avoir une piscine. « C’est un gouffre », s’émeut Jean-Francis Richeux.

Aujourd’hui, l’eau arrive dans les tuyaux avec une pression de 4 à 7 bars, c’est une pression importante qui permet aux secteurs géographiques les plus hauts d’avoir une moyenne de 2 bars et demi pour pouvoir faire tourner simultanément une chaudière,la douche et le robinet. Jean-Francis Richeux estime que l’on devrait installer des réducteurs de pression à 2, 5 bars dans les habitations ce qui permettrait de faire une économie d’eau de 50% par an.

« En Israël, il faut savoir que la goutte d’eau est réutilisée 5 fois alors que chez nous elle n’est utilisée qu’une seule fois », dit-il. L’élu plaide pour que de grandes campagnes d’information et de sensibilisation soit menées, à l’instar de ce qui se fait pour l’électricité dont les factures flambent actuellement.

« Au début du XXIe siècle, la mutualisation de la ressource en eau a été mise en place via des syndicats qui sont toujours aujourd’hui propriétaires de l’eau en France », explique Jean-Francis Richeux qui insiste sur le fait que l’eau est un bien commun et qu’elle doit le rester sans subir la spéculation que l’on peut observer aux États-Unis ou en Australie.

Aujourd’hui il est nécessaire de sensibiliser les consommateurs mais aussi les collectivités locales car l’eau est nécessaire pour le développement des territoires.
« Sans eau, pas de vie, pas d’économie », explique l’élu. Jean-Francis Richeux est persuadé qu’il va falloir se montrer solidaires dans le futur. « Rien ne se fera sans la notion de partage de l’eau entre les communes, les agglomérations, mais aussi le monde agricole, industriel, ou touristique. »





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