Le plan de l’Espagne pour gérer l’avenir endémique du Covid-19



Les autorités espagnoles comptent sur une transformation du coronavirus en épidémie endémique afin de mettre en place une normalisation de la maladie.

L’Espagne souhaite tirer un trait, certes pas définitif, sur le Covid-19. Alors que le pays était l’un des plus endeuillés d’Europe lors des premiers mois de la pandémie, plus de 45.000 personnes y ont trouvé la mort entre mars et mai 2020, le gouvernement de Madrid affirme vouloir changer en profondeur sa gestion de la crise sanitaire.

De la pandémie à l’endémie

Vendredi passé, le chef du gouvernement Pedro Sanchez avait dans un premier temps appelé à « évaluer l’évolution du Covid-19 vers une maladie endémique », rappelle Le Figaro. Une situation qui pourrait selon des professionnels de la santé survenir dans les semaines à venir avec la proéminence d’Omicron dans la transmission de la maladie, variant plus contaminant mais moins dangereux. Une déclaration suivie, dans la presse ibérique, par la publication des grandes lignes de ce qui pourrait être la prochaine réforme de surveillance de la maladie.

Mercredi, la ministre de la Santé, Carolina Darias avait précisé la situation. Selon elle, « nous sommes dans une nouvelle phase de transition de la pandémie. Tout indique qu’avec le temps on ira vers une maladie endémique », avait-elle de nouveau confirmé lors d’une conférence de presse, reprise par le quotidien El Independiente. De fait, après cette nouvelle vague de contaminations, l’Espagne passera selon elle d’une « surveillance d’urgence à une surveillance soutenue. »

Dans le détail, il s’agirait d’adapter à la crise du coronavirus le système de monitoring plus proche de celui qui est actuellement en vigueur et utilisé pour les grippes saisonnières. Exit donc les tests systématiques, l’idée serait, selon Les Échos, de travailler par statistiques avec un réseau de médecins vigies employés pour évaluer l’avancée du virus. Certaines régions autonomes, compétentes en terme de santé, ont d’ailleurs déjà mis en place des projets pilotes dans les centres publics.

Pour l’heure, la situation sanitaire du pays ne permet pas encore la mise en place de cet aménagement, à l’inverse du Royaume-Uni, pays qui a lui-même l’aspiration de sortir au plus vite de la pandémie et qui a passé le pic des contaminations de cette vague. Si Carolina Darias s’estimait optimiste quant à l’évolution de la courbe espagnole des contaminations, le taux d’incidence reste encore extrêmement élevé avec 2839 contaminés pour 100.000 habitants (moyenne cumulée sur 14 jours, ndlr).

« Fin de l’exceptionnalité »

Si l’hypothèse divise, elle séduit pourtant certains professionnels de santé espagnols. Vendredi passé, la Semfyc, une importante association de médecins généralistes d’Espagne avait appelé à « la fin de l’exceptionnalité », et à ainsi prévoir la fin du masque obligatoire, des jauges ou encore des quarantaines. De plus, le document recommande d’accepter un nombre « inévitable » de morts annuels du Covid, ajoute Le Figaro.

« Il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas. On espère tous qu’au bout d’un certain moment, on va arriver à une situation où tout le monde sera très bien vacciné et le virus arrêtera de donner beaucoup de formes graves, on ne sera plus dans une situation de crise, pandémique. Le but n’est pas de ‘vivre avec’ en acceptant d’avoir des milliers de morts, c’est pas vivre avec ça, c’est arriver au moment où grâce à une vaccination importante, on doit sortir du caractère critique et on arrêtera des tests très vastes », estime ce vendredi le professeur Olivier Epaulard, infectiologue et membre de la Commission vaccination de la Haute autorité de santé, interrogé sur BFMTV sur la proposition espagnole.

En ce qui concerne la vaccination justement, elle serait réservée à une partie de la population, la plus à risque. Jeudi, les autorités sanitaires ont donné le feu vert à une quatrième dose d’immunisation, qui sera réservée aux personnes très vulnérables comme celles qui sont immuno-déprimées, mais aussi les patients atteints du cancer, les personnes transplantées ou en dialyse.

Ce bouleversement de la perception du Covid-19, le gouvernement espagnol ne souhaite pas qu’il s’arrête à ses simples frontières.

« J’échange et je dialogue beaucoup avec mes collègues européens, qui voient eux aussi la nécessité d’ouvrir de nouveaux horizons. Nous devons passer d’une vigilance d’urgence à une vigilance de meilleure qualité », avait-elle appelé.

De fait, la ministre a appelé le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) à « ouvrir de nouveaux horizons. »



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