ouverture du procès d’un homme accusé d’avoir tué sa conjointe à coups de couteau en 2019


À Strasbourg, un homme est jugé jeudi et vendredi pour l’assassinat de sa conjointe en 2019, alors que le couple était en instance de divorce.

Jacqui W., 58 ans, est jugé jeudi et vendredi devant la cour d’assises de Strasbourg pour le meurtre de sa femme Sylvia A., une Alsacienne de 40 ans avec qui il était en instance de divorce, rapporte France Bleu. En novembre 2019, il la tuait de plusieurs coups de couteau. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Il s’agit du 131e «féminicide» de l’année 2019, selon le collectif «Féminicides par compagnons ou ex». Contacté par Le Figaro, Me Maxime Bordron, avocat des parties civiles, souligne qu’il y avait eu «plusieurs signaux avant-coureurs inquiétants témoignant de violences conjugales.»

Tout débute tard un dimanche soir de novembre. Alors que Jacqui W. est très alcoolisé, Sylvia A. découvre un couteau sous un coussin. Elle tente alors de fuir leur maison d’Oberhoffen-sur-Moder. Mais son mari la retient. Elle téléphone à sa fille, Stella, qui l’entend hurler. Stella se rend rapidement sur place mais arrive trop tard. Les secours constatent le décès de sa mère qui a reçu de multiples coups de poignards.

Le mari tente alors de se suicider mais il est maîtrisé par les gendarmes. Mis en examen pour «meurtre sur conjoint», il est placé en détention provisoire. Lors de l’instruction, Jacqui W. nie la préméditation de son crime. L’expertise psychologique fait état d’une personnalité «violente et égocentrée». Il est également sujet à des problèmes d’alcool qui lui ont valu la perte de son travail.

«Les derniers mois avant sa mort, les épisodes de violences s’étaient intensifiés», souligne Me Maxime Bordon. La quarantenaire avait d’ailleurs déposé «plusieurs mains courantes avant de porter plainte», ajoute l’avocat. Jacqui W.avait été convoqué par la justice en décembre 2019 après une plainte déposée deux mois plus tôt par sa femme pour menaces de mort.

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Une semaine après le drame, près de 300 personnes s’étaient rassemblées dans la commune pour une marche blanche. La fille de la victime dénonçait le délai d’intervention des gendarmes. Un audit avait alors été réalisé par l’inspection générale. «Aucune défaillance n’a été constatée», explique l’avocat des parties civiles.

Cependant, la ministre de la Justice de l’époque, Nicole Belloubet, avait reconnu que le système de protection des victimes «ne fonctionnait pas». Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner s’était également exprimé : «Parce que personne ne peut accepter un féminicide, personne ne peut accepter un assassinat. Nous lui devons toute la transparence, ce à quoi je m’engage.»

Le verdict est attendu vendredi 14 dans la soirée. «La fille de la victime attend des explications de l’accusé et une condamnation à la hauteur de la mémoire sa mère. On espère également que ce procès permette d’aller plus loin dans lutte contre les violences faites aux femmes», indique au Figaro Me Maxime Bordro.

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