ces innovations médicales synonymes d’espoir



Après la transplantation d’un cœur de porc sur un patient humain le 7 janvier dernier, de nombreux autres progrès sont annoncés dans le domaine médical. Ils pourraient venir mettre fin à des maladies jusque-là présentées comme incurables.

Depuis le 7 janvier, un Américain de 57 ans vit avec le cœur génétiquement modifié d’un porc dans son organisme. Une prouesse chirurgicale réalisée par les chirurgiens de l’école de médecine de l’université du Maryland, qui ouvre d’incroyables perspectives concernant les transplantations, alors que le secteur hospitalier est confronté à une pénurie endémique d’organes.

La réussite de cette « hétérogreffe » doit cependant encore se confirmer dans les prochaines semaines, des rejets pouvant se manifester 20 jours après la transplantation.

Mais outre cette avancée, de nombreux autres progrès médicaux sont prévus dans les années à venir. Opération des personnes aveugles, développement d’exosquelettes connectés au cerveau… BFMTV.com fait le point sur ces innovations annoncées, qui pourraient venir offrir un salut à des patients qui se pensaient condamnés.

· L’espoir pour les personnes aveugles

En mai 2021, la revue Nature Medicine dévoilait les conclusions d’une thérapie optogénétique ayant permis à un patient aveugle de recouvrer partiellement la vue. L’homme, qui ne percevait jusqu’alors que la lumière, est désormais capable de percevoir des objets et de les compter.

Cette impressionnante première mondiale, associant, entre autres, l’hôpital d’ophtalmologie des Quinze-Vingts à Paris et l’université de Pittsburgh, s’est basée sur l’injection au patient d’un virus inactivé. Ce dernier, une fois dans son œil, a fabriqué une protéine sensible à la lumière.

Mais d’autres médecins sont encore plus optimistes concernant la lutte contre la cécité. C’est le cas du docteur Sonia Trigueros, associée à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni. Dans le quotidien britannique The Telegraph, elle évoque la possibilité de guérir la cécité grâce à la « nano médecine » dans le futur. Cette technique repose sur des nanoparticules, éléments microscopiques. À titre d’exemple, une feuille de papier est large d’environ 100.000 nanomètres.

« Les nanostructures pourront être utilisées pour soigner aussi bien que pour diagnostiquer (…). Dans le futur, cette approche pourra être utilisée pour traiter la cécité génétique qui résulte d’une mutation génétique, mais aussi d’autres maladies génétiques », explique-t-elle.

Une technique qui ne sera cependant pas disponible avant 5-10 ans, estime Sonia Trigueros.

· Des exosquelettes connectés au cerveau

L’hôpital de Saint-Genis-Laval, près de Lyon, a récemment fait l’acquisition d’un exosquelette, terme renvoyant à ces structures venant remplacer ou renforcer certains membres des personnes équipées. L’objectif, pouvoir permettre à certains patients en fauteuil roulant de retrouver l’expérience de la marche.

Ce genre d’équipement, très coûteux, est encore rare en France. Et comme le rappelle dans Le Figaro Nathanaël Jarrasé, chargé de recherche CNRS à l’Institut des systèmes intelligents et robotiques, parmi les différents modèles, « il n’y a aucun standard, chacun fait ce qu’il veut », évoquant des entreprises parfois peu soucieuses de publier des études scientifiques.

Un premier modèle a permis en 2019 à Thibault, un patient paralysé des quatre membres, de commander grâce à son cerveau un exosquelette pour retrouver sa mobilité. Une première encore au stade expérimental. Mais comme le rapporte la revue The Medical Futurist, ces exosquelettes, connectés à la pensée humaine, devraient se multiplier dans les prochaines années.

Et couplée avec des « puces insérées dans le cerveau qui traduisent des signaux électriques ensuite transmis à un ordinateur pour restaurer certains mouvements », cette piste constitue un espoir immense pour les personnes paralysées.

· Un « pancréas artificiel » pour les personnes atteintes de diabète

En 2021, 537 millions de personnes dans le monde étaient atteintes de diabète. Une augmentation de 74 millions en deux ans. Dans l’Hexagone, c’est un Français sur 10 qui est concerné par cette maladie.

Mais pour les personnes atteintes de diabète de type 1, dont le pancréas ne sécrète peu ou pas d’insuline – l’hormone permettant au glucose d’entrer dans les cellules du corps – un espoir existe pour les prochaines années.

En juin 2021, les Hospices Civils de Lyon annonçaient que six patients lyonnais atteints de diabète expérimentaient un pancréas artificiel. Ce dispositif n’est pas un organe implanté, mais se caractérise par une pompe à insuline rattachée à leur corps avec un capteur et un smartphone. Le capteur mesure en permanence le niveau de sucre dans le sang, et commande la pompe.

« C’est là que le pancréas artificiel fait la différence car il s’adapte en permanence à la situation. En général un diabétique doit manipuler sept à huit fois par jour sa pompe, et s’il se trompe dans les doses il peut faire une hypoglycémie (tremblements, sueurs, malaise). Ici c’est le système qui gère le tout comme un ‘vrai’ pancréas », explique le professeur Charles Thivolet, chef du service endocrinologie de l’hôpital lyonnais où l’essai a eu lieu.

· L’invasion des blocs opératoires par les robots

À l’hôpital, la médecine du futur sera avant tout celle des robots. Plusieurs centres hospitaliers français ont déjà franchi le pas, avec des machines pilotées par des chirurgiens à l’aide de joysticks, reliés à des bras articulés venant opérer le patient.

En France, c’est l’AP-HP qui est le mieux équipé en la matière. En septembre 2020, l’hôpital Bicêtre a réalisé la première transplantation rénale à l’aide d’un robot chirurgical.

Dans ce cas précis, l’utilisation d’un robot a permis de prélever le rein droit du donneur. Le rein gauche, préféré pour les transplantations, n’était pas prélevable. Le robot a également permis d’avoir uniquement à réaliser une petite cicatrice pour la transplantation, contrairement aux chirurgies ouvertes classiques.

· Rendre l’ouïe à des enfants grâce à des thérapies géniques

En 2019, l’Institut Pasteur annonçait avoir réussi à rendre l’audition à des souris adultes, atteintes par une surdité génétique. Un espoir pour les personnes sourdes, et notamment les enfants. Car on estime aujourd’hui que 80% des surdités précoces sont d’origine génétique.

L’Institut des maladies génétiques Imagine, créé en 2017 et installé sur le campus de l’Hôpital Necker-Enfants malades, a indiqué qu’il travaillait à développer des thérapies pour venir traiter les surdités de l’enfant.

« L’équipe de recherche dédiée aux anomalies du développement de l’oreille à Imagine, en collaboration avec le service d’ORL de Necker-Enfants malades AP-HP et l’Institut de l’Audition, travaillent d’ores et déjà sur un projet de recherche hospitalo-universitaire (RHU) visant à développer une première thérapie génique pour un type de surdité profonde de l’enfant », indique l’Institut, en déclarant que « les résultats des recherches (…) permettent de penser que des traitements seront disponibles dans le futur ».



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