Vaccination des enfants : pourquoi le gouvernement temporise



Afsané Sabouhi, édité par Clément Perruche

Jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a affirmé que le gouvernement étudiait la vaccination des 5-11 ans, mais qu’il faudra attendre 2022 pour que les premières doses soient administrées. Les données manquent pour évaluer les bénéfices de la vaccination à grande échelle des enfants.

Jeudi, l’agence européenne du médicament a donné son feu vert à l’utilisation du vaccin Pfizer chez les enfants entre 5 et 11 ans. En France, malgré un taux d’incidence dans cette classe d’âge qui a dépassé 400 cas pour 100.000 enfants, du jamais vu depuis le début de la pandémie, leur vaccination n’est pas envisagée avant 2022 et restera facultative, selon les ministres de la Santé et de l’Education nationale réunis jeudi midi en conférence de presse.

Beaucoup de questions sans réponse

Contrairement aux Etats-Unis et à Israël, la France a décidé de temporiser la vaccination des 5-11 ans. C’est parce qu’il reste encore beaucoup de questions sans réponse. Est-ce que les enfants jeunes qui font plutôt des formes peu sévères du Covid tirent un bénéfice de protection individuelle de la vaccination ? Est-ce que le risque d’effet indésirable rare et grave peut être écarté alors que les essais cliniques sont menés sur un petit nombre d’enfants ? En réalité, c’est la campagne de vaccination américaine où trois millions d’enfants ont déjà été vaccinés depuis Thanksgiving qui donnera ces informations.

Des problèmes « d’acceptabilité de la vaccination » des enfants

Et en matière de vaccination infantile, le débat va bien au-delà de la question de l’efficacité. Comme l’explique le professeur Elisabeth Bouvet, infectiologue et membre de la Haute autorité de Santé, ce n’est pas seulement la science qui permettra de trancher. « Il y a beaucoup d’autres considérations à prendre en compte, notamment éthiques. On ne s’est pas encore prononcé sur cette vaccination qui pose des tas d’autres problèmes, sociétaux, d’acceptabilité de la vaccination, de tolérance, de vaccination et qui font que je pense qu’on ne rendra pas un avis immédiat », explique-t-elle.

Le débat est donc repoussé au début de l’année 2022, d’autant qu’il faut aussi se préparer sur le plan logistique avec des vaccins à diluer aux petites doses recommandées pour les jeunes enfants.



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