les discothèques et les soirées privées sont les lieux où l’on se contamine le plus



L’Institut Pasteur publie ce vendredi le 4e volet des résultats de son étude ComCor, sur les lieux présentant le plus de risques de contamination.

Bars, transports en commun, supermarchés, discothèques, lieux culturels… Entre les mois de mai et d’août dernier, l’Institut Pasteur a passé au peigne fin l’ensemble de ces espaces collectifs afin d’évaluer les lieux où la contamination au Covid-19 se révèle la plus importante. Des données cruciales alors que l’Hexagone est actuellement confronté à une cinquième vague épidémique de grande ampleur.

Ces conclusions, rendues publiques ce vendredi, constituent le quatrième volet de la vaste étude ComCor. Afin de mener à bien cette quatrième phase de recherche, les scientifiques ont suivi précisément plus de 12.364 personnes diagnostiquées positives au Covid-19, dont 68% au variant Delta, et 5560 individus témoins sur trois mois. Un questionnaire renseignant sur les lieux où ces individus avaient été exposés au virus devait être rempli par ces derniers.

Bars, soirées privées et en boîte de nuit en tête

Ces conclusions mettent en lumière les risques importants de contamination que comportent notamment les bars, les soirées privées ou en discothèques. Selon ces résultats, que l’on retrouve dans The Lancet Regional Health Europe (dans leur version complète, en anglais), ces lieux de regroupement arrivent en tête du classement des lieux où le risque de contamination est le plus fort.

Les analyses de l’Institut Pasteur notent pour exemple qu’une personne âgée de moins de 40 ans s’étant rendue dans un bar avait 90% de chance en plus d’être contaminée qu’une personne qui n’aurait pas fréquenté ce genre d’établissement. Dans une comparaison similaire, la part de risque grimpe même jusqu’à 350% pour la participation à une fête privée.

+790% de risque de contamination en discothèque

Compte-tenu de sa durée étalée sur plusieurs mois, l’étude a pu relever l’impact épidémique de différentes décisions politico-sanitaires, à l’instar de la réouverture des terrasses en juin dernier ou des discothèques en juillet, et d’événements de grande ampleur, comme l’Euro de football.

Aussi, ce sont en moyenne les hommes de moins de 40 ans qui étaient exposés au risque le plus fort entre juin et juillet. Les rassemblements de supporters ou les festivités estivales ont considérablement augmenté la menace de contamination, notamment en boîte de nuit avec un bond de 790% chez les moins de 40 ans et de 270% chez les adultes plus âgés.

Fait intéressant: l’entrée dans un établissement de ce type était, et demeure à l’heure actuelle, conditionnée à la présentation d’un pass sanitaire, comme ne manquent pas de mentionner les auteurs de cette étude. Aussi, il s’agit d’une preuve supplémentaire corroborant les risques de contamination et de propagation du Covid-19 entre des personnes disposant d’un schéma vaccinal complet.

De 20 à 70% de risque en plus dans les transports

Par ailleurs, une nouveauté apparaît au sein de ce quatrième volet de l’étude ComCor: les transports en commun ne sont pas dénués de risque de contamination, contrairement à ce qui avait été affirmé précédemment. Si le métro comporte un risque accru de 20%, un trajet de longue distance en train augmente ce risque de contraction du Covid-19 de 30%. Idem pour un trajet en voiture avec des proches ou des amis, sans respect des gestes-barrière. L’avion présente quant à lui la menace la plus forte avec un risque décuplé de 70%, mais ce pourcentage doit être nuancé avec une potentielle contamination dans le pays étranger duquel l’on revient.

Les chiffres se montrent néanmoins rassurants concernant un certain nombre de lieux pourtant très fréquentés. Les commerces, hormis ceux se classant dans la catégorie des boutiques de proximité, les lieux culturels (cinémas, théâtres…), ou les salons de coiffure témoignent de chiffres positifs.

« Sans doute car on n’y reste pas forcément très longtemps, ou qu’on y respecte bien les gestes barrière. Dans les supermarchés, vous avez souvent beaucoup de hauteur sous le plafond et c’est bien aéré, explique Mahmoud Zureik, professeur de santé publique et d’épidémiologie à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, au Le Parisien.

D’autre part, les terrasses et les restaurants bénéficient aussi de résultats probants, mais ces derniers doivent être relativisés par une situation qui a, depuis, évolué, avec les suppressions de la jauge du nombre maximum de clients autorisés et des terrasses temporaires.

Avoir des enfants à la maison augmente les risques de contamination

La même équipe de l’Institut Pasteur s’est, en parallèle, intéressée au risque entraîné par la présence d’un enfant dans un foyer, qu’elle évalue à + de 30% pour un collégien, et à plus encore pour des enfants plus jeunes.

Alors que de nouvelles restrictions sanitaires sont entrées en vigueur ce jeudi, les festivités de Noël pourraient se retrouver de nouveau impactées, à l’instar de l’an dernier. Dans les colonnes du Parisien, Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, appelle dès ce vendredi à réduire le nombre de convives autour d’une table de dîner « de 12 à 4 ».



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