Le Kirghizstan dit avoir déjoué un coup d’État avant des élections


Le Kirghizstan a annoncé vendredi l’arrestation de 15 personnes soupçonnées de préparer un coup d’État impliquant notamment des députés, signe des tensions dans ce pays instable d’Asie centrale à l’avant-veille d’élections législatives.

«Ce groupe projetait d’organiser des manifestations d’envergure (dans la capitale) Bichkek, puis d’aggraver la situation en provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre et de s’emparer du pouvoir par la force», a indiqué le Comité étatique pour la sécurité nationale dans un communiqué.

Les enquêteurs «ont réuni des preuves irréfutables des agissements criminels de ce groupe de personnes menées par des forces politiques destructrices comprenant des députés et d’anciens hauts responsables», a-t-il affirmé, sans donner de noms. Les individus arrêtés sont notamment soupçonnés d’avoir voulu pousser «1000 jeunes gens agressifs» à manifester pour semer le chaos après le scrutin de dimanche, a poursuivi le Comité, ajoutant que des armes avaient été saisies.

Instabilité politique

Ces arrestations illustrent l’instabilité politique qui règne au Kirghizstan, une ex-république soviétique située aux frontières du Kazakhstan et de la Chine qui a connu de multiples crises politiques depuis son indépendance il y a 30 ans. Les élections législatives qui doivent s’y dérouler dimanche font figure de nouveau test, un an après un scrutin qui avait été suivi de manifestations dénonçant des fraudes en faveur du président d’alors, Sooronbaï Jeenbekov.

À Bichkek, des manifestants avaient occupé d’importants bâtiments gouvernementaux et des centaines de personnes avaient été blessées lors d’affrontements avec la police. Le résultat du vote avait finalement été annulé et un politicien, Sadyr Japarov, avait été libéré de prison, puis nommé Premier ministre par intérim. Devenu l’homme fort du pays, il a ensuite été largement élu président en janvier 2021. Dimanche, 21 partis et des centaines de candidats participeront au vote pour se répartir les 90 sièges du Parlement. Peu de candidats sont vus comme hostiles à Japarov. Et pour beaucoup d’habitants du Kirghizstan, le grand espoir est que le vote se déroule sans effusion. Alors que les soupçons d’achats de voix massifs ont pesé sur de précédents scrutins, Japarov a promis que, cette fois-ci, le vote serait propre.

Malgré l’instabilité, les élections au Kirghizstan sont réputées plus concurrentielles que dans les autres pays d’Asie centrale, dominée par des régimes très autoritaires. Cependant, le président Japarov, âgé de 52 ans, a renforcé ses pouvoirs au détriment du Parlement ces derniers mois, faisant craindre une dérive autoritaire. En avril, grâce à un référendum constitutionnel, il a notamment supprimé la limite d’un seul mandat présidentiel instaurée après la révolution de 2010. Plusieurs candidats aux législatives de dimanche ont par ailleurs subi des pressions. Dastan Bekechev, un député malvoyant, a ainsi reçu une amende pour avoir embauché des employés mineurs pour sa campagne, une accusation qu’il réfute.



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