Londres propose à Paris des patrouilles conjointes sur le littoral français


Le gouvernement britannique a indiqué proposer à la France des patrouilles de police commune sur la côte française longeant la Manche après la mort de 27 migrants dans le naufrage de leur embarcation. Lors d’un entretien téléphonique mercredi 24 novembre au soir, Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron sont convenus d’«intensifier leurs efforts» et de «garder toutes les options sur la table» pour lutter contre les gangs de passeurs organisant les traversées illégales de la Manche, selon un porte-parole de Downing Street.

D’après Tom Pursglove, un secrétaire d’Etat britannique chargé de l’immigration, Boris Johnson a réitéré à cette occasion une proposition, auparavant rejetée par Paris pour une raison de souveraineté, d’organiser des patrouilles franco-britanniques sur les côtes françaises afin d’empêcher les migrants d’embarquer. «J’espère vraiment que les Français vont reconsidérer cette proposition», a-t-il déclaré sur la BBC.

Une aide de plus de 60 millions d’euros

A la suite d’une réunion de crise mercredi, Boris Johnson avait pointé du doigt les Français, estimant qu’ils n’en avaient pas fait «assez» pour empêcher les traversées, malgré une aide de plus de 60 millions d’euros pour renforcer la surveillance de leur littoral. «Ce que nous proposons, c’est d’augmenter notre soutien mais aussi de travailler avec nos partenaires sur les plages concernées», avait-il déclaré.

Cette question des traversées, qui attise régulièrement les tensions entre Londres et Paris, est délicate pour le gouvernement conservateur de Boris Johnson, qui a fait de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille dans la foulée du Brexit. Au lendemain du drame, le plus meurtrier à ce jour impliquant des migrants dans la Manche, plusieurs journaux britanniques vont dans le même sens, le tabloïd The Sun publiant en Une la photo d’une patrouille de police française laissant, sans rien faire selon lui, des migrants embarquer dans un bateau pneumatique.

«Est-ce vraiment le moment de pointer du doigt? (…) Est-ce le moment de ne pas se battre ensemble contre ces trafiquants?», a réagi le député français Bruno Bonnell, du parti LREM du président Macron. «Sur 30.000 personnes essayant de traverser la Manche, 60% ont été arrêtées», a-t-il affirmé sur Sky News, en admettant que c’était insuffisant. Mais «cela se passe la nuit sur de petites plages. La police ne peut être partout, soyons réalistes».



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