les nouvelles mesures suffiront-elles à contenir la 5ème vague?



Pour faire face à la 5e vague de Covid-19, le gouvernement a fait le choix de resserrer une nouvelle fois les contraintes, sans pour autant imposer de confinement ni de couvre-feu. Face à la contagiosité du variant Delta, les médecins font part de leurs inquiétudes sur BFMTV.

Une nouvelle fois, la France est confrontée à une vague « fulgurante » de Covid-19, provoquée par un variant Delta très contagieux, qui a réduit l’efficacité des vaccins à 40% contre la transmission de la maladie. Cette nouvelle dégradation de la situation sanitaire, marquée par une hausse très nette du nombre de cas, a poussé le gouvernement à imposer un nouveau durcissement des contraintes, sans reconfinement ni couvre-feu.

Ainsi, Olivier Véran a annoncé que le masque allait de nouveau être obligatoire dans tous les espaces clos, que la 3e dose de vaccin allait être ouverte à tous les adultes dès samedi, cinq mois après leur dernière injection, et que le pass sanitaire serait désormais conditionné à cette dose de rappel. Toutefois, le ministre de la Santé a considéré que « nous pouvions passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants », précisant qu’il n’y aurait à ce stade « ni fermeture anticipée de commerces ni restrictions de déplacement ».

L’hôpital va-t-il tenir?

« Ces mesures sont les bienvenues, notamment l’ouverture de la vaccination à tout le monde », note sur BFMTV Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France. « Inciter les gens à aller faire cette 3e dose cinq mois après, ça me semble hyper important et aussi logique ».

D’autres professionnels de santé, eux, font preuve de davantage de réserves, alors que le pic des hospitalisations pourrait être atteint la semaine prochaine, début décembre. D’après les modélisations de l’Institut Pasteur, le nombre d’hospitalisations quotidiennes liées au Covid-19 devrait atteindre 750 au début du mois de décembre, contre 558 actuellement. La France compte, ce jeudi, 8755 malades hospitalisés pour Covid-19, dont 1483 en soins critiques. « Les nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques sont aussi en nette augmentation au niveau national », a fait savoir Olivier Véran ce jeudi.

« On est actuellement dans des niveaux de +15, +20% d’activité, alors bien sûr quand on voit arriver une potentielle nouvelle vague, on est très très inquiets par rapport aux effets que cela va avoir sur la prise en charge du cancer », a mis en garde sur notre antenne Roland Sicard, directeur de cancérologie Sainte-Catherine à Avignon (Vaucluse), soulignant « le manque concret d’effectifs médicaux » auxquels ils sont déjà confrontés.

Fermer « le robinet grand ouvert que sont les écoles »

Les mesures annoncées « ne sont pas suffisantes, elles manquent d’intelligence, je crois », a également estimé sur BFMTV le Dr Jérôme Marty, médecin généraliste, pointant du doigt les dernières modifications des règles sanitaires à l’école. Les classes de maternelle et de primaire ne seront plus obligées de fermer dès la détection d’un cas de Covid-19, comme c’était le cas jusqu’à présent.

« Ce n’est pas une bonne chose », a déploré le médecin généraliste, notamment « au moment où on nous dit ‘le virus circule beaucoup plus’. Actuellement on a un robinet grand ouvert sur la circulation virale et ça passe par les écoles, sans risque pour les enfants heureusement. Mais il faudrait tout de même fermer ce robinet grand ouvert, ou du moins le diminuer, le tarir et ce n’est pas ce qu’on fait ».

Le vaccin, « la meilleure arme »

Pour le soignant, cette nouvelle règle est risquée dans le sens où les élèves qui auraient pu être contaminés par un enfant ne seront pas immédiatement isolés, or on sait que le temps d’incubation du Covid-19 en généralement de 3 à 5 jours, et qu’il peut s’étendre jusqu’à 14 jours. « On nous dit ‘on ne va plus fermer les écoles mais on va tester les enfants à J0. S’il est positif, on l’écarte, et on va tester les autres’. Sauf que celui qui est positif à J0 contamine depuis deux jours déjà. Donc ceux qui sont testés vont être négatifs à ce moment là, mais ils vont contaminer quand même parce qu’ils n’auront pas été renvoyés chez eux », a-t-il poursuivi.

Alors pour une grande partie du corps médical, le seul espoir porte dans la vaccination. « La meilleure arme, c’est la vaccination », pointe par exemple le professeur Roland Sicard. « On espère que la 3e dose va être efficace pour ne pas que cette 5e vague ne désorganise les structures hospitalières. On espère que les indicateurs vont se stabiliser », a-t-il déclaré sur BFMTV.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV



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