Bolsonaro se dit «opposé au retour du carnaval»


Le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré être opposé au retour du carnaval de Rio fin février, après l’annulation de l’édition précédente en raison de la pandémie.

«Si ça dépendait de moi, il n’y aurait pas de carnaval. Mais ce n’est pas moi qui décide. Selon la Cour suprême, ce sont les maires et les gouverneurs (des différents États du pays) qui décident», a affirmé le chef de l’État lors d’un entretien à Radio Sociedade, une radio de Bahia (nord-est). Jair Bolsonaro avait précédemment toujours été farouchement opposé à toute restriction de circulation des personnes durant la pandémie.

Dans les grandes villes comme Rio de Janeiro, qui organise le carnaval célèbre dans le monde entier, ou São Paulo, les festivités, prévues du 25 février au 1er mars 2022, ont été conditionnées par les autorités locales à la situation épidémiologique, qui s’est sensiblement améliorée ces derniers mois grâce à l’avancée de la vaccination.

Au-delà de la fête, le carnaval est une industrie qui fait vivre une foule de corps de métiers: couturières, brodeuses, menuisiers, peintres, électriciens, réunis sous la baguette du «carnavalesco», le créateur et metteur en scène du défilé. Pour la ville de Rio, en quasi-faillite, cet événement est une vraie manne financière: il attire 1,5 million de touristes qui remplissent hôtels, bars et restaurants et injectent près de 800 millions d’euros dans l’économie locale.

Des carnavals annulés

Mais cette semaine, plusieurs dizaines de municipalités de zones rurales de l’État de São Paulo ont annoncé que leur carnaval était annulé pour raisons sanitaires, et aussi, dans certaines villes, pour raisons budgétaires. «En février 2020, on ne savait pas grand-chose sur la pandémie. J’ai décrété une situation d’urgence (de santé publique), mais les maires et les gouverneurs l’ont ignoré», a dit le président Bolsonaro lors de son entretien radiophonique. «Les conséquences ont suivi. Il y a eu 600.000 morts et on veut m’imputer cette responsabilité», a-t-il ajouté.

Le premier décès lié au Covid-19 a été annoncé le 17 mars, deux semaines après le carnaval 2020. Un mois plus tard, la Cour suprême (STF) du Brésil a décidé que la décision d’imposer ou non des restrictions était du ressort des gouverneurs et des maires. Mais le STF a toujours dit que cela ne signifiait en aucun cas que le gouvernement fédéral n’était pas tenu de mener ses propres actions de lutte contre la pandémie.

Fin octobre, une commission d’enquête du Sénat a réclamé l’inculpation de Jair Bolsonaro pour neuf crimes, dont «crime contre l’humanité», pour avoir «délibérément exposé les Brésiliens à une contamination de masse» avec son discours anticonfinement et ses réticences pour l’acquisition de vaccins.

ET AUSSI – AU BRÉSIL, UNE NOUVELLE STATUE DU CHRIST VA DÉPASSER CELLE DE RIO DE JANEIRO



Notre Partenaire : Actu du jour

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*