un agent débarqué après l’attentat de la préfecture de police porte plainte pour «discrimination»


L’homme, musulman, avait été suspendu quatre mois dans la foulée de l’attaque du 3 octobre 2019, puis réintégré dans un autre service. En cause, des soupçons de radicalisation infondés selon lui.

Un agent policier de Paris a porté plainte contre X pour «dénonciation calomnieuse» et «discrimination», révèle FranceInter ce dimanche 17 octobre. L’homme, suspendu après l’attentat de la préfecture de police le 3 octobre 2019 car soupçonné de radicalisation islamiste, estime avoir subi une injustice.

Dans la foulée de l’attentat, le préfet de police Didier Lallement décide ainsi de suspendre sept fonctionnaires, correspondant à certains signalements et soupçons. Un officier, nommé Hervé C. selon France Inter, et de confession musulmane, est relevé de sa mission anti-terroriste. Désarmé, il n’a en outre plus accès aux fichiers de renseignement qu’il a l’habitude de consulter et enrichir. Au bout de quatre mois, la durée maximale possible, il est réintégré dans un autre service, chargé de la lutte anti fraude à la TVA.

Deux rapports contradictoires

En quête de justice, cet officier aurait découvert cet été un rapport de 2020 de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) le concernant. À l’intérieur, 17 témoignages de collègues, notamment des femmes policières… Avec pour conclusion une «absence totale y compris de signaux faibles d’une possible radicalisation islamiste.» C’est l’événement de l’attentat, ainsi qu’une première enquête en 2011, qui auraient créé une confusion, comme le cite le rapport : «Les ressentis et les inquiétudes des agents paraissent liés à l’enquête administrative diligentée en 2011, à l’absence de communication de ses conclusions et au contexte lié à l’attentat perpétré le 3 octobre 2019 à la préfecture de police, et non à des éléments factuels et concrets quant à une éventuelle radicalisation de cet agent.»

Pourtant, du côté de la direction de la préfecture, aucun geste n’est fait, notamment la décision espérée par Hervé C., à savoir réintégrer un service de lutte anti terroriste. La raison ? Un nouveau rapport, daté du 11 juin 2021, et plus soupçonneux que le précédent. Et pour cause, il reprend l’enquête de 2011 plutôt que celle de l’année précédente. Il cite : «Monsieur C. a déjà fait l’objet, en 2011, d’un signalement et d’une enquête interne à l’initiative de sa hiérarchie à la suite de critiques émanant de collègues résultant de sa méconnaissance notoire et manifeste, y compris durant son service, des principes de laïcité et de neutralité ainsi que pour suspicion de radicalisation.»

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Une «discrimination»?

Ce nouveau rapport, bien moins favorable, constitue une injustice selon Anass Khafif, avocat de l’agent. «Nous aurions pu comprendre avec le poids de l’émotion, nous aurions pu comprendre avec le poids de la responsabilité, que, au moment de la commission de cet attentat terrible, que le ministère de l’Intérieur puisse se mouvoir, agir, surveiller. Très bien. Mais deux années plus tard, on le traite de terroriste ! Sans procès, sans éléments, sans faits matériels, on vous assigne à un soupçon de terrorisme, un soupçon de radicalisation ; mais où va-t-on ? Toute cette attitude démontre qu’il y a eu une discrimination.

Pour l’autre avocat de l’officier, Hélène Jouny, la hiérarchie policière «n’a pas voulu se dédire du traitement vexatoire et infamant qui a été réservé à notre client». Ses défenseurs se disent prêts à porter le cas devant la Cour européenne des droits de l’homme, si nécessaire.



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