six morts et 30 blessés dans une manifestation à Beyrouth


Au moins six personnes ont été tuées et 30 autres blessées lors d’une manifestation organisée à Beyrouth par les mouvements chiites Hezbollah et Amal. Les investigations sur l’explosion de Beyrouth sont au cœur de la contestation.

Six personnes ont été tuées et trente autres blessées jeudi 14 octobre lors de tirs pendant une manifestation organisée à Beyrouth par les mouvements chiites Hezbollah et Amal pour exiger le limogeage du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de la capitale libanaise, selon des sources médicales.

Parmi les victimes figurent un homme tué par une balle à la tête, un deuxième atteint à la poitrine et une femme de 24 ans a été tuée par une balle perdue alors qu’elle se trouvait chez elle, selon des sources médicales. Des images du journaliste de France 24 Wassim Nasr montrent l’usage d’un RPG-7 dans les tirs et explosions qui résonnent non loin du Palais de Justice.

Le ministre de l’Intérieur, Bassam Mawlawi, a lancé un appel à «préserver la paix civile», soulignant que «des francs-tireurs» étaient à l’origine des tirs puisque des victimes ont été atteintes à la tête selon lui. Le premier ministre Nagib Mikati a appelé au retour au calme et mis en garde contre les tentatives d’entraîner le Liban dans un cycle de violence.

Une manifestation pour exiger le départ du juge Tarek Bitar

Des ambulances affluaient pour prendre en charge les blessés dans les rues désertées, près du palais de Justice où s’étaient rassemblées des centaines de manifestants pour exiger le départ du juge Tarek Bitar, au cœur d’une campagne de dénigrement ces derniers jours.

Des correspondants de l’AFP ont entendu des tirs nourris dans le secteur, alors que les chaînes locales montraient des hommes portant des armes légères ou moyennes. Dans un communiqué, l’armée a fait état de tirs dans le quartier de Tayouné-Badaro, ajoutant qu’elle avait «bouclé le secteur et ses accès». «Les patrouilles cherchent les personnes à l’origine des tirs pour les arrêter», a-t-elle ajouté, prévenant que les militaires ouvriraient le feu sur tous ceux qui tirent et appelant les civils à évacuer le quartier.

Plaintes rejetées

La manifestation s’est déroulée à l’endroit même où se regroupent régulièrement les proches des victimes de l’explosion pour demander que l’enquête aboutisse. Elle s’est produite juste après que la Cour de cassation a rejeté des plaintes d’anciens ministres à l’encontre de Tarek Bitar, lui permettant de reprendre ses investigations.

Tarek Bitar avait été contraint mardi de suspendre son enquête après ces plaintes, provoquant la crise la plus grave au sein du gouvernement libanais depuis sa formation le mois dernier. L’explosion survenue le 4 août 2020 et causée par le stockage sans mesures de précaution d’énormes quantités de nitrate d’ammonium a fait au moins 214 morts, plus de 6500 blessés et dévasté plusieurs quartiers de la capitale. Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités refusent toute investigation internationale et sont accusées par les familles des victimes et des ONG de torpiller l’enquête locale.



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