les édifiants échanges de Guillaume avec un terroriste qui l’avait « mis en joue » au Bataclan


« Sans eux, je ne serais probablement pas là », assure Guillaume, mardi 12 octobre, à la barre du procès des attentats du 13 novembre 2015. L’homme était au Bataclan le soir de l’attaque. Il raconte devant la cour d’assises spéciale qu’il a été « sauvé in extremis » par l’intervention du commissaire de la BAC de nuit à Paris et de son collègue, alors que l’un des terroristes, Samy Amimour, l’avait « mis en joue sur la scène ».

Chemise blanche et longue veste sombre sur les épaules, Guillaume retrace cette soirée tragique qui avait débuté dans la fosse du Bataclan. Jusqu’aux premiers tirs, puis au moment où Samy Amimour lui ordonne : « Lève-toi, sinon je te tire une balle dans la tête. » Guillaume obéit et se retrouve sur le côté gauche de la scène. C’est à cet instant, juché sur la scène, qu’il se « rend compte de ce qui a été commis » dans la salle, où 90 personnes seront tuées ce soir-là.

Samy Amimour le menace alors avec sa kalachnikov, qu’il manipule « bizarrement ». Dans « cette séquence assez confuse », le témoin remarque aussi à la barre ses échanges avec le terroriste, sa façon de s’exprimer avec « beaucoup de gros mots » et « un langage assez familier ». L’assaillant somme Guillaume d’« aider » une « personne âgée ». « Aide ce fils de pute à se relever et on va voir s’il est mort », lui lance l’assaillant.

« Je pense que le terroriste était en train d’improviser sur la manière dont il allait m’utiliser. »

Guillaume, partie civile

au procès du 13 novembre 2015

Guillaume se remémore également qu’un des autres terroristes, positionné sur le balcon, s’étonne de le voir sur la scène. « Qu’est-ce que tu fais ? » lance-t-il. « C’est bon, il est avec nous », rétorque Samy Amimour. « Je suis avec vous, ajoute Guillaume. C‘était une façon d’apaiser l’excitation. »

C’est grâce à l’arrivée du commissaire de la BAC nuit et de son chauffeur, également policier, que le jeune homme réussit finalement à s’enfuir, avant que le gilet explosif de Samy Amimour ne s’active. Les deux policiers entrent dans la salle de concert sans attendre les renforts. Guillaume se souvient d’avoir aperçu leurs « ombres » pénétrer dans la Bataclan et compris qu’il s’agissait de membres des forces de l’ordre, sans vraiment pouvoir l’expliquer. « J’ai profité de cette fenêtre pour sauter et sortir de la salle. »

Comment expliquer le comportement de Samy Amimour face à Guillaume, s’interroge la cour. « J’ai eu la sensation qu’il voulait peut-être faire durer le moment, peut-être par cynisme, peut-être qu’il voulait se servir de moi » pour repérer les survivants, avance prudemment le témoin. « Je ne sais pas précisément quelle était sa motivation, poursuit-il. Mais j’ai cru comprendre dans son premier regard qu’il ne me tuerait pas. Il n’a pas dû croiser beaucoup de regards ce soir-là. »

A la barre, Guillaume tient également à aborder l’« après » 13-Novembre, « une grande épreuve ». Celui qui a fait part de sa « plus haute considération pour les forces de l’ordre ce jour-là » ajoute qu’il a pu rencontrer le commissaire de la BAC de nuit. Des retrouvailles qui l’ont « beaucoup aidé ».





Notre Partenaire : Actu du jour

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*