La centrale à charbon de Gardanne occupée par une centaine de salariés, la direction porte plainte


L’usine doit être fermée et remplacée par une unité de biomasse, entraînant la suppression de 98 postes.

Une centaine de salariés de la centrale à charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône) ont entamé mardi l’occupation de leur usine, où une centaine d’emplois va être supprimée. Mardi,vers 6h00 du matin, «80 individus sont entrés cagoulés par effraction munis d’armes (…) telles que des matraques télescopiques, des lacrymogènes, des battes de baseball et des armes blanches», a dénoncé GazelEnergie, qui a porté plainte.

Ils se sont introduits dans l’usine, où travaillaient une dizaine de personnes, avec des véhicules sans plaque d’immatriculation, selon la direction. La sécurité, qui a été «menacée», n’a pas pu s’opposer à leur entrée. Après s’être introduits dans les locaux administratifs, vides à cette heure, ils ont verrouillé les accès de l’extérieur avec des cadenas, a expliqué une porte-parole de la direction.

Un site classé Seveso

La direction a annoncé avoir porté plainte auprès de la gendarmerie et demandé aux forces de l’ordre l’évacuation du site. Contactée, la CGT a donné une autre version des faits et indiqué avoir «mis sous protection» l’usine. Selon le syndicat majoritaire, les départs de premiers salariés dans le cadre du Plan de sauvegarde de l’emploi avaient mis en danger «la sécurité du site», classé Seveso. «Personne n’est cagoulé et l’inspection du travail est sur place», a assuré à l’AFP Nadir Hadjali, représentant CGT.

Valérie Boyer, sénatrice des Bouches-du-Rhône, a quant à elle dénoncé dans un tweet des agissements «inacceptables» et qui «représentent un risque important sur un site classé Seveso» avant de demander l’intervention de la force publique.

Propriété du groupe GazelEnergie, l’usine installée près d’Aix-en-Provence fait partie des quatre dernières centrales électriques à charbon en France, dont la fermeture est programmée pour 2022 en raison de leur impact négatif pour le climat. Fin juillet, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait validé le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression de 98 postes sur 154, en raison de l’arrêt du charbon. L’unité de biomasse qui la remplace et dans laquelle ont été investis quelque 300 millions d’euros représente environ 80 emplois directs, selon GazelEnergie.

«Nous demandons la réintégration de la trentaine de salariés qui ont déjà été licenciés, pour faire fonctionner la biomasse», a expliqué Nicolas Casoni, de la CGT, qui réclame un plan de reconversion préservant tous les emplois. C’est à l’appui de cette revendication que début août des salariés avaient bloqué des postes stratégiques de la centrale biomasse, alors que celle-ci avait repris progressivement son activité après deux ans et demi d’arrêt.



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