à Marseille, des patients obligés d’attendre vingt heures sur un brancard aux urgences


Milieu de journée aux urgences de la Timone, les pompiers accompagnent un homme âgé qui arrive inconscient sur un brancard. « Je suis essoufflé avec cette chaleur, je m’étouffe et je n’arrive plus à dormir. Je ne vous dis pas », explique le patient.« Vous êtes vacciné ? », interroge un médecin, avant de le féliciter d’avoir réalisé ses quatre doses. Il est 13 heure et c’est le 110e patient de la journée.

Dans cet hôpital comme dans beaucoup d’autres, la situation reste tendue en plein coeur de l’été. Malgré les messages invitant les patients à appeler le Samu avant de se presenter aux urgences, au moins 120 services dans le pays font face à de grandes difficultés depuis fin mai, selon le syndicat Samu-Urgences de France. Devant son écran d’ordinateur, Christophe Masson, infirmier d’accueil, contrôle les arrivées et départs des patients.

« Il y a eu 60 passages en six heures de temps et si on continue sur le même rythme, on va dépasser 200-250. C’est beaucoup. »

Christophe Masson, infirmier

à franceinfo

Un tiers doivent être hospitalisés. Mais faute de lits disponibles, explique cet infirmier, il faut actuellement les orienter vers d’autres établissements. « Concrètement, on a une patiente de 90 ans qui est dans sa 20e heure d’hospitalisation de brancard et qui va partir, qui va être hospitalisée en privé, explique l’infirmier. Les hospitalisations de brancards, c’est vraiment le pire cauchemar des urgences. Et encore plus à 90 ans. » 

Impossible de faire autrement avec la fatigue de l’après Covid-19 et le départ de personnel vers d’autres établissements, l’équipe médicale des urgences a perdu la moitié de ses effectifs depuis le mois de mars. Il a donc fallu fermer des lits. Le Dr Céline Meguerditichian, qui dirige le service, redoute les semaines à venir. « On devrait être 30, 35 et là on est entre 16 et 20 médecins pour essayer de tourner correctement. Donc on a fait quelques adaptations de terrain pour ne pas être débordés non plus. »

« Ça tient plus ou moins. On est sur le fil quoi. Il faut qu’on tienne aussi le mois d’août, le mois de toutes les inquiétudes, l’été, le mois de tous les départs en vacances, le mois des touristes. »

Dr Céline Meguerditichian, cheffe des urgences de l’hôpital de la Timone à Marseille

à franceinfo

Et signe de cette inquiétude, une tente blanche vient d’être montée sur le parking juste à côté des urgences. À l’intérieur, des tables, des chaises. De quoi brancher des appareils médicaux en cas d’afflux trop important. C’est sous cette tente que se fera le premier tri des patients. « Selon certains critères, on décidera de si oui, effectivement, leur place est aux urgences ou pas. Si ce n’est pas le cas, ils seront orientés vers la médecine de ville », explique la cheffe des urgences. L’initiative est totalement inédite à la Timone, insiste Le Dr Céline Meguerditichian, qui attend avec impatience l’arrivée de cinq personnes en renfort dans le service à la rentrée.

Les urgences de la Timone à Marseille – un reportage d’Anne Le Gall

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