les fortes chaleurs ralentissent le cerveau


La science nous éclaire désormais vraiment sur la dégradation des performances cognitives qu’entraînent les fortes chaleurs. Par exemple, unte étude a été menée il y a deux ans en Iran avec des ouvriers de la pétrochimie. L’objectif des chercheurs était d’évaluer les risques encourus par ces hommes. Trois groupes d’ouvriers dont un témoin ont travaillé 12 heures d’affilée devant un four : des tests de réflexes, de concentration ont été faits au début, au milieu et à la fin de leur quart. Et au fil des heures, on a vu les omissions et les erreurs augmenter avec la température du corps . « Entraînant éventuellement des accidents » disent ces universitaires de Kerman. « Le stress thermique diminue également la mémoire de travail, le stockage et le traitement de l’information ». 

Cela peut concerner tout type de métier. Les auteurs citent d’ailleurs la lutte contre les incendies dans des environnements chauds, où là aussi, les performances cognitives et la prise de décision sont altérées, disent-ils.

La température de la nuit joue un rôle essentiel. Cette fois, c’est une étude réalisée auprès d’une quarantaine d’étudiants de l’université de Boston en 2016 qui l’établit. La moitié des étudiants était regroupée dans un bâtiment climatisé à à 21,5°C, l’autre non (à 26,5°C). Des déficits importants des fonctions cognitives apparaissent chez ceux qui dorment avec des températures nocturnes qui ne descendent pas. Sur des tests basiques d’arithmétique, leur performance est 13% inférieure et leur taux de bonnes réponses par minute 10% en dessous .

De là à établir que la baisse du taux de réussite au bac cette année (presque trois points de moins) est due à la canicule en salles d’examen en juin, il y a un pas que ne franchit pas le Professeur Laurent Cohen, qui est neurologue à la Pitié-Salpêtrière qui relève toutefois la coïncidence. Mais selon lui, si la chaleur peut avoir eu un rôle perturbateur c’est au même titre que la peur ou qu’une douleur chronique. Autant de facteurs qui empêchent de mobiliser ses facultés pour le travail qu’on est censé réaliser.

Ce qu’on peut faire quand on doit quand même se concentrer par forte chaleur, on ne le répètera jamais assez : s’hydrater ! Boire ! De l’eau autant que possible (le café et l’alcool déshydratent encore plus). Entre 1,5 litre et deux litres d’eau par jour. Et inciter les personnes âgées à boire même quand elles ne ressentent plus la soif. Ce qui est très courant avec le vieillissement du cerveau.

Ne jamais oublier que notre cerveau est constitué de presque 80% d’eau. En temps normal, la respiration permet de le refroidir. Mais s’il fait trop chaud trop longtemps, la déshydratation affecte directement les connexions entre les cellules nerveuses. Avec de possibles conséquences émotionnelles, des maux de tête, altération du jugement ou anxiété.
Evidemment à plus long terme, ce qu’il faudrait, c’est repenser les logements, les bâtiments scolaires, mettre en place des stratégies d’adaptation au changement climatique pour continuer à faire fonctionner son cerveau, même quand il fait chaud.





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