un syndicat craint une « évolution rapide vers une situation explosive »



Une enquête menée par le syndicat Samu Urgences de France affirme que de très nombreux établissements hospitaliers sont obligés de fermer leurs services d’urgences, faute de moyens. L’organisation dénonce une « maltraitance institutionnelle ».

Les urgences sont à bout de souffle. Et à cause d’un manque de personnel de plus en plus important, un nombre croissant d’établissements hospitaliers sont obligés de fermer, parfois de manière temporaire, leurs services d’urgences. Selon une enquête du syndicat Samu Urgences de France (SUdF) menée dans 331 établissements dans 92 départements, 26% d’entre eux sont contraints de mettre en place une restriction d’accès aux urgences.

Sur les 88 établissements concernés, 67 ont une régulation médicale systématique par le Samu-Centre 15 pour autoriser l’accès aux urgences. Cette mesure a par exemple été mise en place à Bordeaux la nuit, il y a quelques semaines.

Mais d’autres CHU ont été obligés de fermer totalement leurs services d’urgences. Selon le rapport du SUdF, ils sont au moins 42.

« 86% des SAMU estiment que cette inadéquation entre les ressources humaines disponibles et l’importante augmentation d’activité occasionne des difficultés de fonctionnement et de sécurité dans leur exercice », relève le syndicat.

« La situation va encore se dégrader »

En outre, 95% des SAU déclarent rencontrer des problématiques importantes de disponibilité de lits d’hospitalisation pour leurs patients, selon l’enquête.

« Les services d’urgences sont en très grande fragilité », résume le SUdF, qui souligne une « suractivité inhabituelle. » « La mise en œuvre des recommandations de la mission flash (pilotée par François Braun, nouveau ministre de la Santé) est insuffisante et ne permet pas d’assurer une fluidité et un fonctionnement sécuritaire », alerte l’organisation.

« La situation attendue au mois d’août va encore se dégrader, avec une augmentation des fermetures institutionnelles de lits et une diminution de la disponibilité de l’offre soignante libérale liée aux congés. »

« Une maltraitance institutionnelle »

Le syndicat dénonce « une maltraitance institutionnelle » et appelle à mettre en place des « mesures contraignantes. » Sinon, « il faut s’attendre à l’évolution rapide vers une situation explosive, qui aura comme première conséquence de nouveaux départs de personnels médicaux et/ou paramédicaux fuyant cette maltraitance institutionnelle », peut-on lire.

Samu urgences de France demande donc « la mise en œuvre d’une réelle politique de mise à disposition des lits d’aval des urgences à hauteur du besoin journalier minimal en lits dans tous les établissements. » Si nécessaire, « les établissements doivent avoir recours à une déprogrammation afin de permettre de récupérer du capacitaire », estime le SUdF.

Selon le syndicat, les autorités devraient également « exiger » du secteur privé « de participer à l’aval des urgences et à une organisation de la permanence des soins en établissement partagée sur chaque territoire. »

Margaux de Frouville avec Ariel Guez



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