Au CHU de Caen, les greffes cardiaques ne sont plus possibles


L’ARS a demandé à l’établissement d’arrêter de pratiquer des greffes du coeur jeudi dernier en raison d’une « absence prolongée d’activité de greffe » au CHU.

Le CHU de Caen ne fait plus de greffe du coeur. L’Agence Régionale de Santé Normandie a suspendu cette activité jeudi dernier dans cet hôpital, en raison de l’absence de la réalisation de greffe cardiaque par les équipes du CHU depuis juillet 2021, a expliqué l’ARS à Ouest-France.

Selon l’ARS, c’est l’Agence de biomédecine qui l’a informée « d’un risque pour les patients » dû à « l’absence prolongée d’activité de greffe ».

« Beaucoup plus difficile » pour les patients

Véronique Bazire, secrétaire adjointe du syndicat Force Ouvrière au CHU de Caen, se dit inquiète de cette décision, soulignant qu’elle va compliquer la vie de patients déjà fragiles qui devront en conséquence se rendre dans des établissements plus lointains.

Il y a « l’inquiétude de la distance dans les attentes de greffe, la distance dans les transferts, donc oui on est inquiet de perdre cette activité-là », explique-t-elle à BFMTV, ajoutant que le « plus inquiétant » est « pour les personnes qui devront être hospitalisées, si elles sont hospitalisées longtemps en attente de greffe, à distance de leur domicile et de leur famille, cela peut être beaucoup plus difficile pour elles ».

Des « chances de survie amputées »

L’Association Normande des Greffés Cardiaques qualifie dans un communiqué cette décision « d’irresponsable ». Elle explique qu’il y a « une liste conséquente de patients en attente de greffe au CHU de Caen dont deux sous assistances et intransférables alors que des greffons sont proposés. » L’ANGC parle de la mise « en péril la vie de ces patients dont les chances de survie seront amputées ».

D’après les informations de Ouest-France, un sursis avait été demandé par les équipes de cardiologie de Caen, jusqu’à la fin de l’année 2022, pour organiser l’accompagnement des patients et leur transfert, ce qui leur a été refusé.

« C’est déjà stressant d’apprendre que l’on va être greffé, et d’attendre un greffon », explique à notre micro Jacques Deslandes, président de l’ANGC, « et de savoir qu’on ne va plus être greffé là où on a le suivi avant greffe, là où on sait qu’on est avec une équipe compétente, de savoir que l’on va être greffé ailleurs où on ne connait pas l’équipe, on ne sait pas, ça rajoute un stress supplémentaire ».

16 patients sont actuellement dans l’attente d’un greffon à Caen, selon Ouest-France. Ils devraient être redirigés vers les établissements les plus proches pratiquant les greffes cardiaques à Paris et Rouen.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV



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