À la suite de la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, Pékin annonce des «actions militaires ciblées»


Cette série de manœuvres militaires comprenant des tirs à munitions réelles doit commencer ce mercredi, parfois à 20 km des côtes taïwanaises. Taïpei dénonce une tentative de «saper unilatéralement la paix et la stabilité régionales».

Les tensions entre Pékin et Washington s’accentuent. Alors que Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants aux États-Unis, est arrivée à Taïwan mardi soir, la Chine a pointé du doigt une attitude «extrêmement dangereuse» avant d’annoncer le lancement de plusieurs «actions militaires ciblées» en réponse à ce déplacement.

L’opération de l’armée chinoise vise à «défendre résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et à fermement contrecarrer les ingérences extérieures et les tentatives séparatistes d’indépendance de Taïwan», a déclaré Wu Qian, un porte-parole du ministère chinois de la Défense.

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20 kilomètres des côtes

Cette série de manœuvres militaires devrait avoir lieu autour de l’île et commencera mercredi. Elles comprendront notamment «le tir à munitions réelles de longue portée» dans le détroit de Taïwan, qui sépare l’île de la Chine continentale. Selon les coordonnées publiées par l’armée chinoise, une partie des opérations militaires auront lieu à 20 kilomètres des côtes de Taïwan.

Les craintes provoquées par cette annonce se sont cristallisées dès la nuit de mardi à mercredi, lorsque les autorités taïwanaises ont signalé que 21 avions militaires chinois avaient pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne de l’île – une zone bien plus large que son espace aérien. Le ministère taïwanais de la Défense a dénoncé «une tentative de menacer nos ports et nos zones urbaines importantes, et de saper unilatéralement la paix et la stabilité régionales».

Acte irrationnel

Mercredi, suite à ces signalements et aux menaces avancées par Pékin, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a affirmé que l’île «ne reculerait pas» face à la menace de la Chine. «Certaines des zones des manœuvres de la Chine empiètent sur (…) les eaux territoriales de Taïwan», a déclaré le porte-parole du ministère taïwanais de la Défense Sun Li-fang. «Il s’agit d’un acte irrationnel visant à défier l’ordre international», a-t-il dénoncé.

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Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi n’a pas tardé à répondre. Mercredi, en marge d’une réunion de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), il a tenu à prévenir que «ceux qui offensent la Chine devront être punis, de façon inéluctable». «C’est une farce pure et simple. Sous couvert de ‘démocratie’, les États-Unis violent la souveraineté de la Chine», a-t-il poursuivi.

Les actions militaires prévues par Pékin inquiètent également le Japon. «La zone maritime annoncée par la Chine pour les exercices militaires qui seront menés à partir du 4 août à midi (03H00 GMT) inclut la ZEE du Japon», a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon Hirokazu Matsuno. Tokyo «a exprimé sa préoccupation auprès de la Chine, compte tenu de la nature des activités militaires», qui incluent «le tir de munitions réelles», a-t-il ajouté.

Outre ces actions militaires, le ministère du commerce de Pékin a également annoncé des sanctions économiques, avec notamment la suspension de l’exportation vers Taïwan de sable naturel – un composant clé dans la fabrication de semi-conducteurs, l’une des principales exportations de l’île.


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