La perpétuité requise en appel contre Jacques Rançon pour le meurtre d’Isabelle Mesnage


La réclusion criminelle à perpétuité a été requise vendredi 24 juin contre Jacques Rançon, «le tueur de la gare de Perpignan», jugé en appel aux assises de Laon pour le viol et le meurtre, qu’il nie, d’Isabelle Mesnage en 1986.

Des réquisitions supérieures aux 30 ans de réclusion prononcée en première instance par les assises de la Somme, car cette condamnation était entachée d’une erreur de droit a relevé l’avocat général André Meykuchel : à l’époque des faits en 1986, ce quatum de peine n’existait pas et ne pouvait donc pas être prononcé en vertu de la non-rétroactivité de la loi.

«Tueur en série»

Jacques Rançon, déjà condamné en 2018 à la réclusion à perpétuité pour les viols et meurtres de deux femmes à Perpignan en 1997 et 1998, «est très dangereux», a insisté vendredi André Meykuchel. L’accusé, 62 ans, est selon lui «soucieux de son image» et «il ne souhaite pas être pris pour un tueur en série». Or, «un tueur en série, pour lui, c’est quelqu’un qui a tué trois fois», a-t-il mis en avant, pour expliquer pourquoi l’ancien cariste-magasinier nie les faits.

Isabelle Mesnage, une jeune informaticienne de 20 ans partie randonner, avait été retrouvée morte le 3 juillet 1986 à la lisière d’un bois, à une douzaine de kilomètres d’Amiens. Après un non-lieu en 1992, l’enquête avait été relancée en 2017 quand une avocate, Corinne Herrmann, spécialiste des affaires non élucidées, avait fait le lien entre Jacques Rançon, alors mis en cause pour des meurtres à Perpignan après l’identification de son ADN, et la mort de la jeune femme.

Violée et étranglée

Une nouvelle autopsie d’Isabelle Mesnage avait confirmé de fortes similitudes avec le mode opératoire de Jacques Rançon. Il avait avoué en 2019 l’avoir violée et étranglée, puis avoir découpé son sexe et ses seins pour effacer son ADN. Il avait répété ses aveux devant le juge d’instruction, avant de se rétracter par courrier. «On espère que sa culpabilité sera retenue. Elle l’a été par une première cour d’assises, donc on ne doute pas qu’elle le sera par celle-là», a affirmé à l’AFP un avocat des parties civiles, Me Didier Seban.

La défense veut, elle, «obtenir l’acquittement», a indiqué à l’AFP Me Xavier Capelet en amont du procès. Quand Jacques Rançon est innocent, « il le dit, quand il est coupable, il le dit aussi, donc je n’ai pas de raison de ne pas le croire, a-t-il poursuivi. Le verdict est attendu vendredi dans la soirée.



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